Quarante-deux victimes de l’incendie du Constellation ont été accueillies dans les deux cliniques de réadaptation de la SUVA depuis le 1er janvier. Dix grands brûlés sont encore en train d’y être soignés. « Leurs journées sont très intenses », souligne jeudi dans La Matinale Gianni Roberto Rossi, le directeur des deux établissements, situés à Sion et à Bellikon (AG).

Gianni Roberto Rossi l’affirme sans ambages: le drame de Crans-Montana, lors duquel 41 personnes ont péri, est la pire situation qu’il a dû gérer durant sa carrière. « Nous sommes toujours confrontés à des patients amputés, des grands brûlés, des jeunes. Mais ce qui est spécial dans ce cas-là, c’est l’énorme volume de patients très jeunes », explique le gestionnaire de cliniques.

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Les établissements de la SUVA, premier assureur accident de Suisse, ne reçoivent que des patients dont l’état s’est stabilisé durant l’hospitalisation dans les unités de soins aigus. Gianni Roberto Rossi et ses équipes se sont réunis dès le 1er janvier pour organiser l’afflux de grands brûlés, dont les premiers sont arrivés quelques semaines plus tard.

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Au total, sur les 115 blessés du drame, 42 ont séjourné dans les deux cliniques. Leur âge moyen est de 20 ans et ils présentent une surface corporelle brûlée moyenne de 51%. Trente-deux d’entre eux ont retrouvé leur domicile ou rejoint des lieux de traitement ambulatoire proches de chez eux.

Gianni Roberto Rossi relève que, pour ces personnes, la réhabilitation est faite de « journées très intenses ».

« Il y a le traitement psychologique, le point sur la situation avec le médecin, la physiothérapie, l’ergothérapie… On doit prévoir de petites fenêtres où le patient peut se relaxer », détaille-t-il.

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« Ils étaient très positifs »

La réadaptation comporte aussi un aspect psychologique important. Les victimes de Crans-Montana étant jeunes, certaines se préoccupent pour le retard scolaire qu’elles ont pris. Et il y a surtout la question des cicatrices: « Nos psychologues et nos thérapeutes aident à surmonter cette expérience, à vivre avec elle et à chercher des stratégies pour retourner dans la société », précise Gianni Roberto Rossi.

Le responsable se montre optimiste: « J’ai eu l’occasion de rencontrer pratiquement tous ces jeunes. J’ai été très impressionné par le fait qu’ils étaient très positifs. On voyait aussi que les choses s’amélioraient et qu’on les accompagnait vers un retour à une vie normale. »

Propos recueillis par Pietro Bugnon

Texte: Antoine Michel