Opinion
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Célébrons les 20 ans du Conseil des droits de l’homme
L’Examen périodique universel passe au crible tous les États, sans distinction de puissance. Derrière les débats diplomatiques à Genève, des milliers de personnes accèdent enfin à des droits fondamentaux.
Chronique
Joao Rebello – responsable de programme à UPR Info
Publié: 03.09.2026, 06h30 LinkedIn Lien copié Error occurred Facebook Lien copié Error occurred X Lien copié Error occurred E-mail Lien copié Error occurred Copier le lien Lien copié Error occurred
Le Conseil des droits de l’homme (CDH) des Nations Unies a fêté son 20e anniversaire en juin dernier dans un contexte de crise. Depuis plusieurs années, l’institution fait face à des difficultés financières, mais également à des remises en question de son fonctionnement et de ses résultats. Certaines sont légitimes, d’autres sont politiquement instrumentalisées. Paradoxalement, ses dysfonctionnements sont souvent plus visibles que ses avancées. Derrière cette image d’une institution en difficulté se trouvent aussi des progrès concrets largement méconnus.
EPU
Le CDH est lui-même né d’une crise de crédibilité et de fonctionnement de la Commission des droits de l’homme, qu’il a remplacée. Sa création a donné naissance à un mécanisme innovant: l’Examen périodique universel (EPU). Fondé sur des valeurs de coopération et d’égalité de traitement entre les États, ce mécanisme permet d’aborder la situation des droits humains dans tous les États, indépendamment de leur taille, de leur influence ou de leur puissance. Dans un monde où la force semble parfois primer sur le droit, où le conflit l’emporte sur la coopération et où les rapports de puissance prennent le dessus, l’EPU pourrait presque sembler anachronique. Pourtant, c’est précisément ce qui fait sa pertinence.
Au-delà de ces principes, l’EPU contribue à des changements concrets en matière de droits humains. Derrière les discussions entre diplomates à Genève, ce sont des réalités très concrètes qui sont en jeu. Les droits humains sont avant tout une affaire de vie quotidienne et portent sur des questions aussi fondamentales que l’accès à l’éducation, à la santé ou à un travail.
Au Kenya, par exemple, l’apatridie concernait encore quelque 18’500 personnes en 2019, selon les estimations du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Lors de son EPU en 2020, le Kenya a reçu des recommandations sur cette question, dans un contexte national déjà favorable. Depuis, plus de 8000 personnes issues de différentes communautés ont obtenu la citoyenneté kényane.
Pour elles, cela change leur vie: elles peuvent désormais accéder à l’emploi formel, à l’éducation et à la santé, ou encore ouvrir un compte bancaire.
L’EPU se distingue des autres mécanismes onusiens par la place qu’il accorde à la société civile. Il est interétatique, mais la société civile peut y contribuer par ses rapports et son plaidoyer, permettant ainsi d’ancrer les débats à Genève dans les réalités locales. Alors que le système onusien est présenté comme étant en crise, l’EPU continue de susciter l’engagement des organisations non gouvernementales.
Leur participation croissante témoigne de la confiance qu’elles lui accordent et de l’utilité qu’elles lui reconnaissent. Lorsque les détenteurs de droits ne parviennent pas à faire entendre leur voix au niveau national, Genève leur offre une tribune internationale pour porter leurs préoccupations et faire progresser leurs droits.
Questionner le CDH est légitime. Il est imparfait et doit évoluer. Dans un monde où le multilatéralisme est sous pression, nous devons aussi célébrer ce qu’il a permis et ce qu’il rend encore possible. Cela inclut les succès visibles, mais aussi les vies qu’il contribue à préserver, souvent sans que cela se voie. La question n’est donc pas seulement de savoir ce qui ne fonctionne pas au CDH mais aussi ce qui ne se réaliserait pas sans lui.
João Rebelo, responsable de programme à UPR Info.
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