De plus en plus d’associations, de commerces et d’entreprises utilisent l’intelligence artificielle pour créer leurs affiches publicitaires.Une pratique qui se généralise grâce à sa facilité et à son faible coût.Mais la qualité des visuels et l’impact environnemental de l’IA attirent les critiques.
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Le 13H
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Peut-être l’avez-vous remarqué, en allant chez votre boulanger, au marché, au restaurant, ou tout simplement en vous baladant dans la rue : beaucoup d’affiches semblent désormais avoir des points communs. Et pour cause : ces visuels ont tous été réalisés par intelligence artificielle. Des indices permettent de les reconnaître, notamment ces petits traits que l’IA a tendance à placer partout sur les images, comme on le voit dans le reportage en tête de cet article.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes s’amusent à les recenser, tandis que d’autres expriment leur mécontentement : « Les affiches IA partout, j’en peux plus » ; « Elles n’ont aucune âme et se ressemblent toutes. » Comment expliquer cette soudaine profusion ?
Un outil accessible pour les petits budgets
C’est d’abord la simplicité d’utilisation de ces outils qui explique ce succès. Marie-Laure et Marie-Pascale, membres d’une association à Royan (Charente-Maritime), illustrent cette tendance. Pour créer une affiche destinée à promouvoir leur association lors d’un forum, elles n’ont besoin que d’un téléphone. Elles dictent simplement à un outil d’intelligence artificielle toutes les informations qui doivent apparaître sur l’affiche. « Hop, il va nous faire une première proposition. Ça prend 30 secondes. Ah, super ! » Le résultat dépasse à chaque fois leurs espérances, confient-elles.
Des milliers d’associations et de petits commerces ont ainsi recours à cette technologie. Avec un budget restreint, voire inexistant, l’IA devient l’outil de communication parfait. « C’est moindre coût, coût zéro », expliquent les utilisatrices. Pour obtenir le même résultat sans IA, elles devraient faire appel à un graphiste, ce qu’elles ne peuvent pas se permettre. « C’est le miracle de l’IA », s’amusent-elles.
Mais cet usage ne concerne pas uniquement les petits budgets. Selon une étude américaine, près d’une entreprise sur cinq qui faisait auparavant appel à un graphiste l’aurait déjà remplacé par de l’IA.
Des défauts pointés par les professionnels
Julie Champenois, graphiste à Saintes (Charente-Maritime), estime que les affiches générées par l’IA présentent encore de nombreux défauts. « Là, il y a tellement d’infos qu’on ne sait plus où regarder. Le regard se noie dans tout ça. Le fond, les textes, il y en a partout.. En fait, il n’y a pas de vide », analyse-t-elle.
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Lorsqu’elle compare plusieurs visuels entre eux, Julie constate que « tout se ressemble, on se perd complètement ». Or, l’objectif d’une affiche est justement de se distinguer et d’avoir une identité propre, rappelle-t-elle.
Par ailleurs, la génération de tous ces visuels par intelligence artificielle consomme énormément d’eau pour refroidir les centres de données. Un usage critiqué à l’heure où les périodes de sécheresse se multiplient.
La rédaction de TF1info | Reportage Arsène GAY, Michael MERLE, Pierre HUMEZ
