La sécheresse force les producteurs de gruyère AOP à importer du foin français

Les prés des agriculteurs fribourgeois ont particulièrement souffert cet été. L’interprofession n’exclut pas d’adapter les exigences du cahier des charges.

Salomé Philipp Publié: 03.09.2026, 10h16 LinkedIn Lien copié Error occurred Facebook Lien copié Error occurred X Lien copié Error occurred E-mail Lien copié Error occurred Copier le lien Lien copié Error occurred Un éleveur distribue du fourrage à ses vaches à l’étable, les bovins se nourrissant depuis une auge remplie de foin.

Faute de fourrage suisse suffisant, certains producteurs de gruyère AOP ont dû se résoudre à acheter du foin à l’étranger (image d’illustration).

imago/Belga

Faute de fourrage suisse suffisant, certains producteurs de gruyère AOP ont dû se résoudre à acheter du foin à l’étranger. C’est ce que révèle un reportage de la RTS réalisé dans le canton de Fribourg et diffusé mardi.

À Écuvillens, la sécheresse estivale a laissé les prés à sec. L’agriculteur fribourgeois Alexandre Galley a dû se rabattre sur deux camions de foin français, pour un coût de 25’000 francs, afin de nourrir ses vaches cet hiver. Problème: leur lait sert à produire du gruyère AOP, un label qui impose que 70% au moins du fourrage provienne de l’exploitation elle-même.

Faut-il assouplir le label gruyère AOP?

«Ce n’est pas le but d’importer du fourrage pour produire du gruyère suisse», a affirmé l’agriculteur à nos confrères, en précisant qu’en temps normal, l’autonomie fourragère reste la règle.

La marge de manœuvre existe – l’apport extérieur est toléré jusqu’à 30% et ce taux peut même être étalé sur plusieurs années – mais elle a ses limites. Si les sécheresses venaient à se répéter, Olivier Isler, directeur de l’interprofession du Gruyère, a prévenu qu’«il faudrait envisager une adaptation des exigences du cahier des charges pour ne pas pénaliser les producteurs, tout en ne remettant pas en cause la qualité de ce produit», selon des propos rapportés par la RTS.

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