Il serait possible d’utiliser de la laine de mouton pour protéger les glaciers du rayonnement solaire. Une expérience menée par l’ONG Summit Foundation et l’Université de Lausanne à Glacier 3000 (VD) prouve que ce matériau pourrait remplacer avantageusement les bâches synthétiques.
Utilisés pour protéger les glaciers, les textiles à base de polyester ou de polypropylène s’usent sous l’effet du vent et des précipitations. Avec le temps, des particules peuvent se détacher et se retrouver potentiellement dans le cycle de l’eau et la chaîne alimentaire. Un risque qui ne pourrait pas se produire avec la laine, selon la Summit Foundation.
La laine est naturelle, renouvelable, biodégradable et dotée de propriétés isolantes. Elle demeure par ailleurs une ressource locale largement sous-valorisée et finit la plupart du temps incinérée ou compostée. « Nous pouvons peut-être lui donner un nouvel usage », estime Laurent Thurnherr, directeur de Summit Foundation, dans le 12h30.
Présentation du projet ‘Keep It Wool’ visant à protéger le glacier de Tsanfleuron avec de la laine de mouton, le 2 septembre. [© KEYSTONE / JEAN-CHRISTOPHE BOTT – JEAN-CHRISTOPHE BOTT]
Pour explorer cette solution liée aux glaciers, l’ONG s’est associée au Centre interdisciplinaire de recherche sur la montagne de l’Université de Lausanne. Il a fallu trouver une source de laine locale, un partenaire capable de fabriquer les prototypes et dénicher un site où mener un essai.
Deux bâches de 100 m2
Le choix s’est porté sur Glacier 3000. L’expertise scientifique a été assurée par des collaborateurs de GLAMOS, le réseau de relevés glaciologiques suisse. Deux ‘couvertures’ de laine de mouton de 100 m2 chacune ont été posées fin juin sur le glacier. Au vu des premières observations, l’expérience s’avère prometteuse.
« On se rend compte que c’est autant, voire plus efficace. Mais ce n’est pas une solution miracle. Il faut le voir comme une solution à très court terme », explique Timothée Steiner, chef de projets chez Summit Foundation.
Les études menées sur les bâches synthétiques ont en effet montré que ces textiles permettent de réduire de 50 à 70% la fonte à l’endroit où le glacier est recouvert. Le matériau à base de laine de mouton permet visiblement d’obtenir des résultats assez semblables et pourrait du même coup devenir une alternative intéressante, ayant un bien moindre impact sur l’environnement.
Aujourd’hui, les textiles protecteurs ne couvrent toutefois qu’environ 0,02% de la surface des glaciers, bien trop peu pour avoir un effet significatif sur le recul glaciaire causé par la dérive climatique.
jfe avec ats