Frédéric Guéry, le directeur du théâtre des Variétés, à Béziers, lève le voile sur la toute nouvelle saison 2026-2027. Au programme : des formes multiples, tout à la fois cocasses, burlesques, musicales… Revue de détail.
« Au-delà des frous-frous et des paillettes chers au music-hall, on a voulu monter une programmation qui a du fond, qui fait sens et qui questionne le spectateur mais sans prise de tête intello. Une saison qui offre un divertissement de qualité et accessible à tous les publics. »
Après une demi-saison d’ouverture qui a convoqué les figures tutélaires du cabaret (de Joséphine Baker à Colette en passant par Maurice Chevalier), Frédéric Guéry, le directeur du théâtre des Variétés, à Béziers, et ses équipes ont concocté une très belle affiche pour l’année qui s’annonce.
Des formats multiples
« Au-delà de ces évocations, on a voulu aller vers des formes multiples, parfois hybrides, qui mêlent chant, musique et théâtre », poursuit le directeur. Tour à tour cocasses, burlesques, poétiques, enlevées ou brillantes, ces propositions devraient séduire un large auditoire. Petite revue de détail…
Outre la soirée d’ouverture du 6e Festival d’automne le 1er octobre avec Les Huit Saisons (lire ci-dessous), le théâtre des Variétés déploiera les 9 rendez-vous de sa nouvelle saison à partir du 20 novembre, avec la célébration du 40e anniversaire de la pièce Le Barillet, de Jean-Pierre Pélaez, créée à Béziers.
Exercices de style
Un kaléidoscope théâtral composé de 144 variations courtes autour d’un même thème minimaliste et absurde : une situation de crise qui doit se résoudre « à coups de revolver ». « Le metteur en scène en choisit une vingtaine qui toutes racontent à peu près la même histoire mais avec des thèmes, des tons et des contextes différents, un peu à la façon des Exercices de style, de Raymond Queneau ».
Le 27 novembre, place à Smile, une pièce entièrement en noir et blanc qui se projette au temps des jeunes années de Charlie Chaplin. « C’est vraiment bluffant, s’enthousiasme Frédéric Guéry, on a l’impression d’être projeté dans un film de Charlot car la pièce reprend tous les codes du cinéma noir et blanc, avec ses ralentis et ses accélérés, son burlesque… » Onirique et (très) émouvant.
Glamour mais culotté
Le 3 décembre, un glamour incroyablement culotté sera à l’honneur avec Les Vilaines, trois filles au tempérament explosif qui, « entre chansons originales pleines d’esprit, confessions croustillantes et chorégraphies affûtées, chantent, dansent et piquent là où ça fait rire ».
Pour mieux célébrer la vie, place, le jeudi 10 décembre, à Broadway Rythm où une chanteuse et deux champions du monde de claquettes revisitent les standards new-yorkais de la comédie musicale dans un voyage où le jazz rencontre Broadway.
Mardi 26 janvier, Les Caroline, un spectacle qui réunit Caroline Loeb et Caroline Montier, déclineront avec panache l’esprit du music-hall dans un face à face complice entre une chanteuse de cabaret et une artiste lyrique. « C’est drôle, ça pétille, entre performances vocales et gouaille parisienne. »
Des chanteurs excentriques
Les Sœurs Papilles, elles, de vraies-fausses jumelles, proposeront leur spectacle musical le 19 février, une création tout à la fois « élégante et singulière » où elles déclinent les chansons originales de Jean-Marie Sénia, au creux de saynètes raffinées et décalées.
The Opera Locos, le 23 mars, mettra aux prises cinq chanteurs d’opéra excentriques, un peu barrés, dans un récital déjanté mêlant des grands airs classiques aux succès de la pop.
Un vent de folie
La Cie Les Zolibrius fera souffler un vent de folie et d’opérette, le 22 avril avec Un mari à la porte, un vaudeville acidulé où les quiproquos et les portes qui claquent s’enchaînent sans faiblir sur des musiques d’Offenbach.
Enfin Le Siffleur de Fred Radix conclura en beauté la saison le 4 juin. « C’est un spectacle singulier, un véritable Ovni, conclut Frédéric Guéry, entre théâtre, humour et conférence musicale interactive. C’est brillant et on rit du début à la fin. »
Un 6e Festival d’automne singulier
La 6e édition du Festival d’automne, orchestrée par le conservatoire Béziers Méditerranée offre, du 1er au 4 octobre, une programmation éclectique et ludique, mêlant musique, performances, lieux emblématiques et plaisirs gastronomiques. En ouverture, (jeudi 1er, 20 h 30, théâtre des Variétés), avec Les Huit saisons, les musiciens de l’Orchestre symphonique Béziers Méditerranée instaurent un dialogue entre Vivaldi et Piazzola, entre la musique, l’accordéon et une peinture réalisée en direct par l’artiste Séverine Colmet Daâge.
Noche de Oro (vendredi 2, 19 h, Villa Meyer), lui, propose un voyage au cœur de la musique espagnole des XVIe et XVIIe siècles où voix, instruments et poésie se mêlent pour exprimer l’amour et les passions humaines. La soirée se prolongera autour d’un cocktail.
Puccini, pub ou série ? (samedi 3, 19 h, théâtre du Minotaure) est un spectacle interactif qui replace ces musiques que l’on connaît souvent de façon fragmentée parce qu’on les a entendues dans des pubs ou séries dans leurs œuvres d’origine. Une jolie et surprenante façon de renouer avec les grands classiques. La soirée sera suivie d’un buffet dînatoire.
Enfin, Va voir à Naples si j’y suis (dimanche 4, 19 h, hôtel particulier) est un récit musical drôle et émouvant qui explore les racines de la musique italienne à travers l’histoire d’un chanteur lyrique en pleine crise artistique qui part sur les traces de son grand-père.
Renseignements, tarifs et réservations sur www.beziers-mediterranee.com.
Le théâtre des Variétés (9 rue Victor-Hugo), accueille également, tout au long de l’année, les élèves du conservatoire Béziers Méditerranée dans des spectacles de danse, musique et théâtre à découvrir. www.beziers-mediterranee.com