Les cantons de Genève et Vaud lancent une campagne de sensibilisation pour inviter les propriétaires de chats à remplacer la litière minérale par une litière végétale. Objectif: réduire ce type de déchets dans les décharges.

Les deux cantons, associés aux organismes vaudois de gestion des déchets, rappellent que la majorité des litières sont composées de bentonite, une argile minérale qui ne se consume pas à l’incinération. « Elle termine donc dans les résidus solides de l’incinération », appelés mâchefers.

Ces mâchefers représentent environ 500’000 tonnes par an en Suisse, dont 11% sont composés de litières minérales pour chat. « Ils doivent être entreposés dans des décharges contrôlées, elles-mêmes proches de la saturation et qui mobilisent des surfaces au détriment d’autres usages, notamment naturels », précisent les cantons.

>> Ecouter le sujet de Forum : Vaud et Genève lancent une campagne de sensibilisation sur les litières pour chat: interview de Florence Frossard / Forum / 5 min. / aujourd’hui à 18:06 « On ne peut rien faire de ces résidus »

Dans le canton de Genève, la litière minérale génère 5000 tonnes de résidus par an à mettre en décharge. Pour Vaud, ce chiffre atteint 5300 tonnes. « C’est vraiment énorme », relève samedi dans Forum Florence Frossard, coordinatrice de la campagne pour responsables.ch, une initiative vaudoise qui sensibilise à la réduction des déchets.

« On ne peut plus rien faire de ces résidus. On doit les entreposer quelque part. A Genève, la décharge qui existait pour ces déchets est pleine. Les résidus sont envoyés actuellement dans le Jura en attendant de trouver une solution locale. Les deux décharges vaudoises ont aussi fermé et les résidus sont envoyés en Suisse alémanique, explique-t-elle.

Pour une litière végétale

Les cantons lémaniques relèvent qu’il existe pourtant « une solution accessible », à savoir la litière végétale, fabriquée à partir de copeaux de bois, de fibres de maïs, de chanvre ou de papier recyclé. « Contrairement à la litière minérale, elle se consume presque entièrement à l’incinération et contribue même, comme le reste des déchets ménagers, à produire de l’électricité et de la chaleur », expliquent-ils.

Ces litières végétales présentent d’autres avantages: moins de poussière; plus légère à transporter; sans additifs toxiques ni allergisants; une meilleure absorption de l’humidité, donc moins de litière consommée.

« Il y a vraiment un excellent confort d’utilisation au quotidien. Mais il est vrai que comme pour la litière classique, il y a toutes sortes de gammes et de matières dans les litières végétales. Il faut tester et trouver le produit qui nous convient », indique encore Florence Frossard.

La responsable précise que la litière végétale doit être jetée à la poubelle « parce qu’elle doit être incinérée. C’est une obligation. En Suisse, c’est surtout pour des raisons sanitaires, pour éviter la transmission de maladies ou d’avoir des restes de médicaments qui pourraient se retrouver dans le compost ».

Propos recueillis par Anne Fournier

Adaptation web: lan avec ats