Etablissement prisé des touristes avant l’éboulement de Blatten en mai 2025, l’hôtel Fafleralp, tout au fond du Lötschental, a été fermé durant de longs mois faute de route d’accès. Il a désormais rouvert, surmontant diverses difficultés logistiques, et les clients reviennent peu à peu.
Barbara Achrainer avait repris les rênes de l’hôtel seulement un mois avant que la montagne ne s’effondre sur Blatten et sur la route menant à Fafleralp. Son établissement a alors immédiatement fermé ses portes.
Depuis la fin juin, une route de secours sinueuse conduit à nouveau à Fafleralp. Pour le grand public, le bus est le seul moyen d’atteindre ce havre de paix, à moins d’entreprendre une marche de 2h30. Mais les clients reviennent peu à peu.
Le trajet en bus, qui zigzague au plus près de l’éboulement, ne laisse personne indifférent entre Wiler et Fafleralp. « Il n’y a que les Valaisans pour être à l’aise sur des routes pareilles, ils ont un courage », sourit une passagère. Un autre confie, le regard tourné vers le paysage transformé: « Mes sentiments sont mitigés. La nature est belle, mais aussi cruelle ici. »
>> Le reportage du 19h30 :
L’hôtel de Fafleralp rouvre après plus d’un an d’isolement au-delà de Blatten / 19h30 / 2 min. / aujourd’hui à 19:30
>> Le suivi de l’éboulement de mai 2025 : Le village de Blatten pulvérisé par l’effondrement du glacier du Birch, une personne portée disparue
Grâce aux réserves et à l’aide d’une fondation
Samedi dans le 19h30, Barbara Achrainer se souvient des difficultés rencontrées après la catastrophe: « Au début, nous n’avions pas d’électricité, donc pas d’eau chaude non plus. Nous étions bien sûr coupés du réseau d’égouts. » Et d’ajouter: « Mais une fois ces urgences réglées, nous étions toujours injoignables: la route de secours n’existait pas l’année dernière. »
Pendant la fermeture, Barbara Achrainer a aussi dû tenir sans le soutien des assurances. La réouverture estivale a été rendue possible grâce aux réserves financières de l’hôtel et à l’aide d’une fondation.
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Le défi de l’approvisionnement en cuisine
Aujourd’hui, si l’hôtel a rouvert, les défis logistiques pèsent aussi sur les cuisines. Le chef Laurent Huber, qui possédait un hôtel, mais qui a été détruit par la catastrophe, est aux fourneaux. Aujourd’hui, ses clients peuvent à nouveau savourer ses plats. Mais sans la route cantonale, il faut redoubler de flexibilité.
« Aucun fournisseur ne monte jusqu’ici, c’est impossible pour leurs camions », explique le chef. « Ils déposent la marchandise dans une remorque réfrigérée et je vais la récupérer tous les jours. La dernière fois, j’avais commandé des crevettes, j’ai reçu des filets de loup… le livreur s’était trompé de carton. »
Pourtant, les clients rencontrés sur place disent ne pas ressentir ces difficultés. Un groupe d’amis, qui a connu l’hôtel avant l’éboulement, précise: « Cela n’a pas vraiment changé, quand on arrive c’est toujours aussi beau qu’avant. »
Une personne prend en photo l’éboulement de Blatten depuis le car menant à Fafleralp. [Keystone – Cyril Zingaro]
Sujet TV: Mathias Délétroz
Adaptation web: France-Anne Landry