Licenciée pour du papier hygiénique. Le Tribunal supérieur de justice de Catalogne a jugé justifié le licenciement d’une gouvernante d’hôtel qui avait emporté du papier toilette appartenant à l’établissement, rapporte le média espagnol Noticias Trabajo. Le litige date du 20 juin 2024. Sur les images de vidéosurveillance de l’hôtel on peut voir l’employée sortir de l’établissement avec un sac contenant six rouleaux de papier toilette.
L’employée reçoit alors une lettre de licenciement, sur laquelle elle se justifie en disant que le chien de son fils avait vomi dans sa voiture et qu’elle voulait nettoyer. Elle affirme avoir rapporté ces rouleaux le lendemain. La salariée, qui travaillait dans l’hôtel depuis juin 1995, a par ailleurs fourni un certificat vétérinaire assurant que son fils s’était rendu à la clinique avec son chien le 21 juin.
Obligation de loyauté
La cour a néanmoins relevé que ce document date du lendemain des faits et que les images ne corroborent pas cette version. L’employée avait également signé un document reconnaissant avoir pris ces rouleaux de papier hygiénique et exprimant ses regrets. Un tribunal du travail de Mataro avait pourtant considéré en première instance que le licenciement était disproportionné. L’employeur devait choisir entre la réintégration de la salariée ou le versement d’une indemnité de 60 000 euros au vu de la faible valeur du matériel emporté.
Le Tribunal supérieur de justice de Catalogne a retoqué cette décision, considérant que le montant du préjudice n’est pas déterminant et que le vol ou l’appropriation indue de biens de l’entreprise rompt le lien de confiance et l’obligation de loyauté entre employeur et employée. Malgré ses près de 30 ans d’ancienneté, l’ex-salariée a donc bien été licencié sans indemnité. Elle peut encore faire un pourvoi en cassation.