La Nasa vient de lancer, le 30 août 2026, le télescope spatial Nancy Grace Roman, qui complétera les données stupéfiantes du télescope James Webb, tandis que le plus puissant des radiotélescopes terrestres vient de livrer, depuis l’Australie, une carte détaillée des champs magnétiques cosmiques. Jusqu’où nous entraîneront tous ces télescopes spatiaux et terrestres ?
À voir toujours plus loin dans l’espace et donc dans le temps, chacun de ces méga télescopes contribue de façon complémentaire à repousser les limites de nos connaissances sur l’univers. C’est le cas des télescopes spatiaux : en observant l’univers depuis l’espace, ils échappent aux turbulences de l’atmosphère terrestre et produisent une meilleure qualité d’image avec un champ de vision plus large.
Le premier du genre, l’ancêtre, c’est le télescope Hubble, lancé en 1991. Il est toujours en fonction après avoir observé près de 2 millions d’objets célestes. Vient ensuite le surpuissant télescope James Webb, lancé en 2021 avec le succès que l’on connaît. Sa spécificité, l’observation dans l’infrarouge lui a permis de détecter les galaxies les plus anciennes de l’univers, de voir naître les étoiles et les galaxies, « du jamais vu », qui révolutionne nos connaissances sur les tout débuts de l’univers.

La nébuleuse de l’esquimau, une explosion d’étoile : une supernova. Cliché pris par le téléscope Hubble. ESA/NASA
Le petit dernier de ces télescopes spatiaux (13 mètres de long, tout de même, avec un miroir principal de 2,40 mètres) est le télescope Nancy Grace Roman, du nom d’une grande astronome de la Nasa, à l’initiative de la mission Hubble. Lancé avec succès le 30 août dernier depuis Cap Canaveral en Floride, il doit se poster à 1,5 million de kilomètres de la Terre. La largeur de vue de sa caméra lui permet de photographier d’un seul coup, et donc de cartographier, une très large portion du ciel, en détectant au passage nombre d’exoplanètes, et même des supernovæ – des explosions d’étoiles massives en fin de vie – à des distances jamais atteintes. Combiné à la moisson de données et d’images collectées dans l’infrarouge par le James Webb, voilà qui ouvre de nouvelles fenêtres astronomiques sur les débuts et l’évolution de l’univers, et sur l’histoire de son expansion en lien avec les deux plus grandes énigmes de la cosmologie : l’énergie sombre et la matière noire.
Et pendant ce temps, sur Terre, une nouvelle génération de radiotélescopes a réussi à cartographier les champs magnétiques dans l’espace. Grâce au plus grand radiotélescope d’Australie, l’ASKAP, qui fait partie du futur gigantesque observatoire SKA (Square Kilometer Array), actuellement en construction en Australie et en Afrique du Sud. Celui-ci est composé de 36 antennes paraboliques de 12 mètres chacune, qui peuvent observer simultanément une vaste portion du ciel. Son projet phare vise à cartographier les champs magnétiques de l’univers.
Même s’ils sont invisibles pour nos yeux – mais pas pour les oiseaux ou nos boussoles –, les champs magnétiques sont omniprésents dans l’univers et d’intensité très variable. Ils régissent la manière dont les particules qui constituent les planètes et les étoiles se déplacent dans l’espace et jouent un rôle essentiel dans l’évolution des galaxies. Détectables grâce aux ondes radio et notamment grâce à cette nouvelle génération de radiotélescopes surpuissants, l’astronome australien Alec Thomson et son équipe viennent de réaliser la carte la plus vaste et la plus détaillée des champs magnétiques de l’univers. Publiée dans la revue de la Société astronomique d’Australie, cette « carte magnétique du cosmos » (nommée SPICE-RACS) est en accès libre pour les astronomes du monde entier, qui, grâce à ces méga télescopes spatiaux ou terrestres, parviennent à remonter toujours plus loin dans l’espace comme dans le temps.
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