Voilà cinquante ans que la permanence de la section grassoise du Parti communiste français (PCF) occupe la place de la Poissonnerie, en plein centre-ville.
Et dix ans de plus que l’architecte brésilien mondialement connu, Oscar Niemeyer, a couché sur papier la « Zone à urbaniser en priorité » (ZUP) prévue sur le plateau Napoléon, destinée à transformer la cité des parfums.
« Un projet d’envergure qui, contrairement au siège [du PCF] de la place du Colonel-Fabien, à Paris, n’a malheureusement jamais été construit », regrette l’architecte Didier Campana. Ce dernier a présenté, à l’occasion de la rentrée politique du parti, samedi 5 septembre 2026, la nouvelle exposition centrée autour de l’œuvre du communiste décédé en 2012, à l’âge de 104 ans.
Sur les plaquettes affichées sur les murs rénovés du local, défile toute la vie du moderniste qui s’est illustré aux côtés des plus grands, comme Le Corbusier. Mais avec sa propre touche : « Là où d’autres ne juraient que par la ligne droite, les angles stricts et les volumes purement rationnels, Niemeyer a introduit la courbe. »
« Une ville de Grasse qui aurait pu être différente »
Congrès national du Brésil, Bourse du travail de Bobigny, Maison de la culture du Havre (alias « Le Volcan »)… Tout son travail, en France et au-delà, est là. Ainsi que ses croquis de l’éphémère ZUP, abrogée en 1972. La faute « à des difficultés administratives, politiques, programmatiques et financières ».
Qu’avait-il en tête, lorsqu’il a été mis à la tête de cet aménagement, en 1966 ? « Il imagine une véritable ville nouvelle de 53 hectares, comprenant environ 2 000 logements, mais surtout des écoles, des crèches, des commerces, des centres culturels… », décrit Didier Campana, qui voit ici une « ambition extraordinaire ».
Une ambition, que les visiteurs sont invités à explorer gratuitement chaque samedi matin, de 10 h 30 à 12 h 30 pendant un mois, au sein de la permanence du PCF.
Et de terminer : « Niemeyer n’a pas certes construit d’immeubles, mais il nous a laissé le projet d’une cité idéale étonnamment moderne. »