Quelles sont les œuvres les plus « précieuses », en termes de valeur patrimoniale, du parcours Estuaire, musée d’art contemporain à ciel ouvert donnant à voir une trentaine d’œuvres réparties au fil de la Loire, entre Nantes et Saint-Nazaire ?
L’œuvre la plus onéreuse (850 000 €) est l’Observatoire, conçu à Lavau-sur-Loire par l’artiste japonais Tadashi Kawamata. L’installation, apparue dans le paysage en 2007, offre une vue panoramique sur l’estuaire. Elle a été complétée par une passerelle livrée deux ans plus tard, qui a mobilisé un investissement supplémentaire de 600 000 €. Ladite passerelle est désormais menacée de démantèlement à l’automne, en raison de sa dégradation, ce qui suscite la colère d’habitants et d’élus, jugeant « la passerelle indissociable de l’Observatoire ».
Tadashi Kawamata a donné son feu vert pour l’enlèvement de « son » cheminement piétonnier, indique le Voyage à Nantes, qui rappelle que l’Observatoire demeurera accessible au public par un chemin qui va faire l’objet d’un réaménagement.
Maison dans la Loire et Serpent d’océan : des installations ancrées dans le paysage
Jean-Luc Courcoult, fondateur et metteur en scène de la compagnie Royal de Luxe, occupe la deuxième place du palmarès des artistes ayant signé les œuvres les plus chères, avec sa Maison dans la Loire, arrimée dans le fleuve à Couëron. Coût annoncé : 800 917 €.
La Maison dans la Loire, de Jean-Luc Courcoult, à Couëron. | PHOTO ARCHIVES PO-OLIVIER LANRIVAIN
Voir en plein écran
La Maison dans la Loire, de Jean-Luc Courcoult, à Couëron. | PHOTO ARCHIVES PO-OLIVIER LANRIVAIN
Tandis que Huang Yong Ping et son Serpent d’océan – plongé les « pattes » dans le sable à Saint-Brevin-les-Pins et chiffré au centime près à 750 595,10 € – bouclent le podium du club des trois œuvres les plus dispendieuses d’Estuaire. Trois œuvres et installations coûteuses, certes, mais qui sont incontestablement ancrées dans le paysage ligérien, et dans le cœur des habitants.
Il est de même à Nantes des Anneaux, signés Daniel Buren et Patrick Bouchain, propulsés au statut d’emblème de la ville. Lesquels n’ont coûté « que » 312 000 €. Ou de la Villa cheminée, imaginée par Tatzu Nishi, maisonnette – qui fait fonction de chambre d’hôtes insolite – érigée sur une réplique miniature des cheminées de la centrale de Cordemais ; l’installation a nécessité un investissement avoisinant 560 000 €.
La Villa cheminée de Tatzu Nishi, à Cordemais. | PHOTO ARCHIVES PRESSE OCÉAN-OLIVIER LANRIVAIN
Voir en plein écran
La Villa cheminée de Tatzu Nishi, à Cordemais. | PHOTO ARCHIVES PRESSE OCÉAN-OLIVIER LANRIVAIN
À cette aune, la facture de Misconceivable, le célèbre « bateau mou » d’Erwin Wurm posé au bout du canal de la Martinière au Pellerin, apparaît plus que modeste, pointant à moins de 94 000 €. Tout comme la Suite de triangles de Felice Varini (170 000 €), triangles rouges peints sur des silos et bâtiments du port de Saint-Nazaire.
L’œuvre la moins chère ? Air, de Rolf Julius, qui a doté le bâtiment Manny, sur l’île de Nantes, d’un habillage métallique émettant cliquetis métalliques et vagues chants d’oiseaux. Chiffrage rigoureusement établi à 36 902,22 € par la société publique locale Le Voyage à Nantes.