Elles mesurent entre un et trois millimètres. Détecter visuellement des tiques dans la nature reste très difficile.Elles peuvent abonder sur une motte d’herbe et être inexistantes cent mètres plus loin.Olivier Plantard, écologue et directeur de recherche à l’INRAE, détaille à TF1info l’outil qu’il a codéveloppé pour évaluer leur abondance en fonction des éléments du paysage.
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Dans les zones boisées, cet acarien arthropode devient notre plus grand danger. En Europe, il existe une quarantaine d’espèces de tiques. Elles transmettent plusieurs dizaines de maladies. Olivier Plantard, écologue et directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), les considère pour TF1info comme « les championnes de la diversité des agents pathogènes » : « Elles transmettent virus, bactéries, protozoaires, parasites (nouvelle fenêtre)… En milieu tropical, elles font des dégâts chez les animaux de production. En Europe, elles provoquent la maladie de Lyme ou un virus vecteur de l’encéphalite. »
Elles se cachent dans les herbes hautes, souvent en lisière de forêt, dans les buissons ou broussailles. Elles se tiennent généralement près du sol (entre 0 et 60 cm de hauteur). Elles ont besoin d’humidité pour éviter de se dessécher et elles craignent les grands espaces ouverts. Mais les chercheurs ne connaissent pas les éléments du paysage qui favorisent leur présence : « L’espèce principale en Europe occidentale, la tique Ixodes ricinus, se retrouve de manière très hétérogène dans l’espace. Mais aujourd’hui on a du mal à les localiser précisément : nous pouvons en trouver plein à un endroit et ne plus en voir une centaine de mètres plus loin », décrit le chercheur.
Des scientifiques de l’INRAE et du CNRS ont développé un outil de simulation (nouvelle fenêtre) permettant d’estimer l’abondance de cette tique. Ils publient leurs résultats dans le magazine Basic and Applied Ecology. « Nous voulions décrire plus finement la distribution des tiques en fonction des éléments du paysage (haies, forêts, bocages, cultures…). Nous avons échantillonné des tiques durant trois ans en Armorique (Ille-et-Vilaine) et dans les Pyrénées (Haute-Garonne). Pour ce faire, nous avons déployé de grands morceaux de tissu blanc que l’on traîne sur la végétation sur une dizaine de mètres. Les tiques s’accrochent activement au tissu quand on les retourne », confie Olivier Plantard.
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Moins de tiques près des habitations et loin des forêts
Les chercheurs s’attachent à identifier des variables favorisant leur présence paysagères : périmètres et distances par rapport aux forêts, haies, prairies, routes, constructions, etc. « Le modèle adapté aux forêts montre que l’abondance augmente avec le périmètre de la forêt et la distance par rapport à la route et aux bâtiments. On s’aperçoit également qu’elles abondent dans les lieux où elles vont trouver les animaux sur lesquels elles vont trouver de quoi se nourrir. Elles prennent le sang des lézards, petits oiseaux ou petits rongeurs dans la première phase de leur croissance avant d’attaquer des vaches ou des chevreuils une fois nymphe », commente Olivier Plantard. Ce simulateur calcule avec davantage de précision les zones à risque de transmission de maladies à tiques dans des paysages agricoles bocagers. Il pourrait servir à anticiper les effets potentiels de projets d’aménagements et de gestion du territoire.
Le dérèglement climatique a un impactOlivier Plantard
Attention, il ne faut pas lâcher la bride en automne. « Le dérèglement climatique a un impact sur la distribution de ces espèces. Elles grimpent plus haut en montagne et vers le nord. En automne, elles vivent un deuxième cycle et elles restent encore actives », prévient le chercheur. Il rappelle qu’elles se portent très bien lorsque le thermomètre descend un peu sous 20°C. En cas d’infection, un halo rouge caractéristique apparaît sur la peau quelques jours après la piqûre, le plus souvent autour de cette dernière, et s’étend de façon circulaire. « En l’absence de traitement, la maladie peut provoquer des atteintes cutanées, musculaires, neurologiques et articulaires, parfois très invalidantes », prévient l’ Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). Même en ramassant des champignons, portez des chaussures fermées et des vêtements couvrants de couleur claire, évitez de marcher au milieu des herbes hautes, des buissons et des branches basses, privilégiez les chemins balisés et inspectez-vous au retour de vos promenades.
