Le réalisateur allemand Wim Wenders, qui avait déclaré que le cinéma devait « rester en dehors de la politique », a précisé dimanche à Venise ses propos qui avaient déclenché une polémique ayant empoisonné le festival de Berlin au mois de février.
Présent à la Mostra de Venise pour présenter son documentaire sur l’architecte suisse Peter Zumthor, le cinéaste de 81 ans a dit avoir été mal compris lors d’une conférence de presse.
« Ce que j’ai dit, c’est qu’en tant que cinéastes, nous sommes les opposés des hommes politiques. Nous avons de l’empathie. Les responsables politiques travaillent sans empathie », a-t-il précisé.
Lors de la Berlinale, dont il était le président du jury, le réalisateur de « Paris, Texas » avait déclenché une vague d’indignation après avoir déclaré que le cinéma devait « rester en dehors de la politique ». Il répondait à une question à propos du soutien de l’Allemagne à Israël dans la guerre à Gaza.
« Nous ne travaillons pas avec une mentalité d’hommes politiques, nous travaillons avec celle de personnes empathiques. Et nous cherchons à faire changer les choses. Je le répète et j’espère que vous ne déformerez pas mes propos, en affirmant que nous devons rester en dehors de la politique, car c’est précisément l’inverse. Nous en sommes l’antidote », a-t-il ajouté.
Le sujet a aussi été abordé lors de la conférence de presse d’ouverture de la Mostra de Venise mercredi. La présidente du jury Maggie Gyllenhaal a affirmé que les films étaient « fondamentalement et incontestablement politiques ».
La guerre à Gaza a été au centre des débats de plusieurs festivals de cinéma en Europe récemment, avec des collectifs composés d’acteurs et de réalisateurs appelant les organisateurs à prendre position clairement en faveur de la Palestine.
Le directeur artistique du festival de Venise, Alberto Barbera, a déclaré mardi à l’AFP qu’il était essentiel que ce qui se passe à Gaza et au Moyen-Orient soit évoqué.
« Il n’y a pas moins de quatre films qui abordent la question palestinienne et la situation actuelle en Iran, et il ne peut donc y avoir aucun doute sur notre position à ce sujet », a-t-il indiqué.
« Il est également indispensable qu’on discute de plus en plus de ces problèmes aujourd’hui : la situation est dramatique, tragique, nous sommes confrontés, permettez-moi de le dire, à des crimes de guerre qui doivent être poursuivis, et j’espère, je souhaite que ces films puissent contribuer à alimenter le débat autour de ces questions », a-t-il complété auprès de l’AFP.
publié le 6 septembre à 15h12, AFP
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