Elle crie à la censure. Ce dimanche, l’actrice américaine Susan Sarandon a déclaré constater qu’on lui refusait des rôles à Hollywood en raison de ses prises de position très critiques à l’égard d’Israël et de la guerre menée à Gaza. Présente à Venise pour défendre le film « The Echo Chamber » en compétition à la Mostra, elle a affirmé que le « récit » autour de la guerre à Gaza et du soutien des États-Unis à Israël avait « complètement changé ».
« Les gens sont au courant de beaucoup de choses maintenant », a observé l’actrice de « Thelma et Louise », à propos notamment du soutien financier et militaire apporté par les Etats-Unis à Israël.
Une figure engagée
« On m’a encore retiré des rôles récemment, parce qu’il y a des agences qui disent aux gens de ne pas m’engager. Mais c’est ça, la structure de pouvoir », a-t-elle ajouté. « Je crois qu’il y a eu du changement en termes de compréhension de la situation dans l’opinion publique, mais il existe toujours des positions très fermement ancrées dans mon secteur, défendues par des sionistes, qui n’ont pas adouci leurs sentiments à mon égard », a affirmé l’actrice de 79 ans.
« Mais j’ai trouvé ma famille, j’ai trouvé les miens, et tout va bien », a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse sous une salve d’applaudissements.
L’actrice, figure d’Hollywood, fait partie des voix les plus engagées de l’industrie du cinéma américain pour critiquer la guerre à Gaza aux côtés de Mark Ruffalo, Richard Gere ou Joaquin Phoenix.
Lâchée par son agence pour une déclaration
La guerre menée par Israël à Gaza a fait 73.500 morts côté palestinien et 174.000 blessés depuis octobre 2023 d’après le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU.
Susan Sarandon avait été lâchée par son agence United Talent Agency après avoir déclaré lors d’une manifestation que les juifs américains « avaient un aperçu de ce que c’est que d’être musulman dans ce pays » en raison de la montée de la violence antisémite. Elle s’était ensuite excusée, expliquant avoir fait une « terrible erreur » dans le choix des mots car cela laissait entendre que « jusqu’à aujourd’hui, les juifs n’avaient pas souffert de persécutions, ce qui est tout l’inverse ».