Parmi les pilotes qui espéraient bien profiter du départ depuis le fond de grille de Kimi Antonelli, Lewis Hamilton figurait en bonne place. Le pilote Ferrari, troisième du championnat mais à égalité de points avec George Russell, pouvait espérer réduire l’écart de 59 unités le séparant d’Antonelli au classement pilotes.

Las, l’écart est finalement plus grand, désormais, puisque non seulement Hamilton a terminé derrière l’Italien, mais ce dernier l’a emporté depuis la 19e place pendant que le septuple champion du monde a dû se contenter du sixième rang final après être parti quatrième.

Difficile de voir autre chose qu’un camouflet de plus pour Ferrari qui, à domicile, a vu sa course prendre une tournure proche de la catastrophe dès les premiers tours. Si l’on pense évidemment en premier lieu à l’accident violent de Charles Leclerc dans la Parabolique, l’affrontement initial entre les deux pilotes à la première chicane n’est pas loin derrière.

 

Au départ, Hamilton a en effet eu l’opportunité d’attaquer Leclerc sur l’intérieur au premier virage. Après s’être infiltré, le Britannique a laissé la place à son équipier pour que les deux abordent la première partie de la chicane côte à côte. Puis, dans le deuxième virage, Leclerc – sans que cette manœuvre soit jugée illicite par les commissaires – n’a pas eu la même attitude, contraignant Hamilton à mordre dans les graviers au prix d’un léger contact.

La sanction a été immédiate : la Ferrari frappée du numéro 44 a été reléguée en dixième place, une bien inconfortable position pour la suite de la course. Si le drapeau rouge causé par Leclerc et le second départ ont replacé Hamilton dans une position plus intéressante, le manque de vitesse de pointe de Ferrari ne lui a jamais permis de se mêler à la lutte pour le podium. Lui-même auteur d’une course loin d’être parfaite, il n’a même pas réussi à devancer les deux McLaren à l’arrivée.

Interrogé pour Sky Sports sur l’incident de la première chicane et l’hypothèse qu’il ait pu ne pas se produire si Ferrari avait, dès avant la course, donné la priorité à son pilote le mieux placé au championnat, Hamilton a préféré écarter ce débat, jugeant qu’il était quoi qu’il en soit désormais trop tard, au sortir de Monza, pour se poser ces questions alors qu’Antonelli compte désormais 76 points d’avance.

« Nous avons déjà largement dépassé ce stade [des consignes en sa faveur], c’est trop tard pour ça maintenant », a-t-il lancé. « J’ai perdu beaucoup de points aujourd’hui face à ces pilotes ; nous ferons donc de notre mieux pour continuer à nous battre jusqu’à la fin de la saison, mais ils ont désormais pris le large. »

Hamilton pas convaincu par la stratégie
Lewis Hamilton passe devant le lieu de l'accident de Charles Leclerc au GP d'Italie.

Lewis Hamilton passe devant le lieu de l’accident de Charles Leclerc au GP d’Italie.

Photo de: Simon Galloway / LAT Images via Getty Images

Au-delà de cet incident du premier tour et de la dynamique interne, la stratégie globale de Ferrari pour la course n’a pas vraiment semblé convaincre un Hamilton qui, en sus, a été dans l’impossibilité de se défaire d’une lutte au long cours avec Oscar Piastri, armé d’une SF-26 trop à la peine en ligne droite.

« Nous n’avons pas encore fait de débriefing, donc c’est l’une des situations les plus difficiles à accepter aujourd’hui », a-t-il répondu quand il lui a été demandé si Ferrari aurait dû l’arrêter sous Virtual Safety Car à mi-course.

J’ai cru qu’ils allaient nous arrêter [sous VSC], mais ils ne l’ont pas fait.

« J’espérais vraiment mieux, mais j’ai vraiment tout donné. Nous n’avions tout simplement pas la vitesse nécessaire dans les lignes droites ; j’étais une proie facile pour les pilotes autour de moi et tous ceux qui me devançaient. Mais nous allons analyser la situation en interne et essayer de déterminer ce que nous aurions pu mieux faire. » 

« J’avais l’impression qu’on aurait probablement dû opter pour les pneus durs [lors du second départ], mais il fallait aussi que l’on double des pilotes, car on était plus loin que prévu dans le peloton. »

« Et puis j’ai cru qu’ils allaient nous arrêter [sous VSC], mais ils ne l’ont pas fait, alors je suis tout simplement arrivé au bout de mes pneus. »

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