Le patrimoine neuchâtelois est-il en péril ? C’est le thème des Journées européennes du patrimoine (JEP) qui se tiennent ce week-end dans tout le canton. De la dentelle à Valangin, à l’église de Pontareuse en passant par l’Observatoire cantonal à La Chaux-de-Fonds, le public pourra visiter 10 lieux à travers toute la région. L’objectif est de faire découvrir les richesses, du bâti et immatérielles, du canton et de sensibiliser à la préservation du patrimoine. Ce n’est pas nouveau que le patrimoine est en péril, car il se renouvelle au fil des constructions et démolitions, mais c’est aujourd’hui plus que jamais d’actualité, relève Claire Piguet. « Les choses s’accélèrent depuis quelques années », relève l’historienne et conservatrice des monuments à l’Office cantonal du patrimoine bâti et immatériel, en charge du projet de ces JEP.

Comment faire alors pour préserver ce patrimoine, qu’il soit bâti ou immatériel ? C’est également le but de ces visites : présenter les solutions, innovations et démarches qui permettent, en premier lieu, d’améliorer les connaissances du grand public et de transmettre l’héritage aux générations futures. Par exemple : « À la chapelle du Scapulaire au Landeron, c’est la mobilisation des pouvoirs publics qui a permis de sauver ce petit bâtiment », explique Claire Piguet. « Dans le cas des dentelles ou des murs en pierres sèches, c’est des associations, donc le regroupement des forces vives, qui permettent de faire perdurer certains gestes ou certaines techniques », poursuit l’historienne et conservatrice.

Les citoyens n’ont pas, pour le moment, un rôle indispensable à jouer. « Mais le premier pas, c’est de mieux connaître le patrimoine qui les entoure, de se rendre compte de ce qu’ils aiment ou pas, ce qu’ils ont envie de partager aux générations futures », relève Claire Piguet.

L’exemple du MahN 

Parmi les 10 visites, il y a celle au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel (MahN). C’est plus spécifiquement la cage d’escalier qui fait partie du patrimoine. L’œuvre est exceptionnelle à plusieurs titres. « On parle d’un chef-d’œuvre d’art total, qui est réalisé par un seul et même personnage, le Neuchâtelois Léo Paul Robert, et qui réunit une grande multiplicité technique », présente Laurent Langer. Autres spécificités : ce décor est financé exclusivement par le public neuchâtelois et le message véhiculé par le triptyque est « complètement inhabituel dans un monument public », complète le codirecteur et conservateur du Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel. Fissures, infiltrations d’eau, climat inadéquat ont aujourd’hui un impact sur ce décor, en lien avec le vieillissement du bâtiment.

« L’entretien est complexe de par sa monumentalité et l’inaccessibilité de nombreux éléments », regrette Laurent Langer. Pour lui, ces visites dans le cadre des Journées européennes du patrimoine permettront de sensibiliser le public à ce décor exceptionnel. « Le but est que le public comprenne qu’on a un joyau qui est malheureusement en très mauvais état et qu’il va falloir entretenir dans les années à venir », précise-t-il. « On est en attente d’un projet de rénovation, qui devrait arriver dans les prochaines années, et on espère surtout que la cage d’escalier en fera intégralement partie », conclut le codirecteur du MahN. /lgn