Frelons et moustiques sont connus pour gâcher nos repas et nos nuits d’été, mais leur période d’activité peut se prolonger en automne, voire jusqu’aux prémices de l’hiver.C’est aussi le cas des tiques qui restent actives en cette fin d’été, met notamment en garde l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes.

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On les associe souvent, à tort, aux seuls mois d’été. Pourtant, leur période d’activité s’étend bien au-delà. Certains insectes, notamment parmi les nuisibles qui peuvent gâcher nos repas estivaux, sont encore bien présents à l’approche de l’automne, et peuvent même se montrer plus agressifs à cette période.

C’est le cas des frelons, qui continuent de bourdonner alors que les feuilles commencent à jaunir, comme l’a encore montré l’attaque d’une dizaine de randonneurs à vélo (nouvelle fenêtre), dimanche 6 septembre, à Secondigny, dans les Deux-Sèvres. Mais les frelons asiatiques ne sont pas les seuls à jouer les prolongations : les punaises vertes, qui envahissent les habitations, et les moustiques, notamment les moustiques tigres, restent désormais actifs encore jusqu’en octobre dans certaines régions, voire jusqu’en novembre.

Enfin, les tiques, ces acariens potentiellement nuisibles, dont l’activité augmente avec le retour des températures douces au printemps, circulent, elles, jusqu’à la fin de l’automne, avec un second pic en septembre-octobre. C’est dans ce contexte que, le 3 septembre dernier, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Auvergne-Rhône-Alpes (nouvelle fenêtre) a appelé à la vigilance : « Promenade, randonnée, jardinage ou activité professionnelle en pleine nature : les tiques restent actives, même à la fin de l’été. »

Période cruciale pour les frelons asiatiques

Si les attaques de frelons sont redoutées au printemps et en été, c’est à l’automne que le risque est le plus important. Les nids, désormais bien visibles, ont atteint leur taille maximale et peuvent abriter des milliers d’individus, notamment chez le frelon asiatique. Introduite en France en 2004, cette espèce invasive est active du printemps à l’automne. Mais dès septembre, les fondatrices quittent la colonie pour rechercher des aliments riches en protéines et en sucre, avant de se mettre à l’abri pour passer l’hiver. Durant cette période, ces frelons se montrent particulièrement agressifs pour défendre la colonie, faisant de septembre à novembre une période de vigilance accrue.

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Cette agressivité s’explique aussi en raison des ressources en nourriture qui commencent à manquer. À noter également qu’en septembre, certains arbres, à commencer par le figuier du jardin, deviennent des points de ralliement pour le frelon asiatique, attiré par les fruits très mûrs.

Deuxième pic d’activité pour les tiques

Après un premier pic d’activité au printemps, sur lequel on se focalise à tort, les tiques reviennent en force en septembre, qui coïncide avec le second pic qui se prolonge jusqu’en octobre, quand les adultes cherchent un hôte, mais l’acarien peut rester actif jusqu’en novembre.

Leur activité dépend en effet étroitement du mercure. Ainsi, quand l’automne reste doux et humide, et tant que les températures sont supérieures à 5°C, il convient d’adopter les bons réflexes pour éviter les morsures, et d’inspecter son corps après chaque sortie, insiste l’ARS d’Auvergne-Rhône-Alpes. Pour rappel, cet insecte est le plus important vecteur d’agents pathogènes (nouvelle fenêtre) responsables de maladies infectieuses. Parmi elles : la maladie de Lyme, l’encéphalite à tiques et la fièvre hémorragique de Crimée-Congo.

Des moustiques actifs jusqu’aux prémices de l’hiver ?

Si le moustique est connu pour gâcher nos nuits d’été, sa période d’activité peut se prolonger en automne, voire jusqu’aux prémices de l’hiver. Comme d’autres espèces, le cycle de vie des insectes est rythmé par l’évolution des conditions naturelles. Des températures plus élevées, une humidité déficiente ou excédentaire, une luminosité plus tardive ou précoce, et les voilà qui perdent le nord. Ainsi, alors que leur période d’activité s’étend traditionnellement de mai à septembre, beaucoup d’entre eux sont désormais présents d’avril à fin novembre, voire plus tard sous l’effet d’épisodes de douceur précoces et tardifs. 

C’est le cas du moustique tigre, avec à la clé des piqûres particulièrement désagréables pour les humains, mais surtout le risque de voir proliférer des cas de dengue ou de chikungunya, dont cette espèce invasive est vectrice. Au départ peu adapté au climat métropolitain, ce diptère au corps noir strié de blanc a peu à peu envahi la majeure partie de l’Hexagone à la faveur du réchauffement climatique. Et maintenant, c’est tout son cycle de vie qui s’adapte à un mercure qui s’affole, y compris hors de l’été (nouvelle fenêtre).

Théoriquement, ces moustiques « passent l’hiver sous forme d’œufs et donc, lorsque les conditions deviennent automnales, les moustiques vont produire des œufs de diapause, c’est-à-dire des œufs prêts à passer l’hiver », a eu l’occasion d’expliquer auprès de l’AFP David Giron, directeur de recherche au CNRS et directeur de l’Institut de recherche sur la biologie de l’insecte (IRBI). Mais « tant que les conditions sont favorables, les moustiques continuent à se reproduire normalement, sans se préparer à l’hiver. Donc, ils font de nouveau de nouvelles générations. Et c’est pour ça qu’on voit aujourd’hui des populations qui persistent plus longtemps. »

Audrey LE GUELLEC