Christophe Lebreton est un créateur passionné par les révélations graphiques. Il émarge depuis trois ans, chez les auteurs photographes. Il s’organise pour capter de grands ensembles immobiliers, des terrasses de café, des parcs à vélo, des gares ou des halls d’aéroport à des moments ou le public est absent. Les saisies sont minérales pour de grandes barres d’immeubles telle la Caravelle à Rennes, dans la centaine d’appartements on n’entrevoit qu’une seule personne au balcon. Ailleurs, canicule oblige, les stores colorés alternativement jaunes, rouges, sont tous baissés. Aucune trace d’humain ou d’animal. C’est impressionnant découvrent les visiteurs.

Le juste moment ou aucun humain ne déambule

Le photographe aime à déambuler dans les villes de l’Ouest, Lorient, Granville ou Cancale. Attaché à Rennes, il passe des heures aux pieds des audacieuses et imposantes constructions créées entre 1950 et 1970, par Georges Maillols architecte. J’apprécie ces constructions. Les barres d’habitations sont rythmées et structurées par des garde-corps blancs, ou affichent une esthétique audacieuse et fonctionnelle, transformant la ville en véritable laboratoire architectural, explique le plasticien. Je traque aussi dans les villes historiques les vieilles vitrines, j’isole un élément de tag, un vélo oublié, une pompe à essence abandonnée, les terrasses de café vides, avec tables et chaises cadenassées. Je cherche et j’illustre l’errance urbaine. Avec la complicité de professionnels, afin de calculer des probabilités de vide dans les couloirs et halls de gare, l’artiste trouve le juste moment ou aucun humain ne déambule. Photos étonnantes, fantomatiques.

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Christophe Lebreton a appris la photographie avec les sportifs. Rigueur, vitesse et anticipation lui ont permis d’être reconnu comme un artiste, captant élans, sauts, préparations, mouvements. J’ai ressenti l’envie de découvrir, de créer, d’expérimenter dans le domaine de la mode, de l’art puis pour des artistes sculpteurs, peintres. En plus d’alimenter leurs books, je fais des tirages d’art afin de constituer des séries numérotées.

Ce parcours d’art l’emmène vers la peinture acrylique sur toile et aquarelle. Ses productions sont très géométriques, incluant lettres et chiffres, elles s’imprègnent de graffitis. Grâce à des sculptures, l’artiste s’autorise à dénoncer des comportements tels que la disparition des bouquinistes lors des Jeux olympiques ou les filtrages des eaux accordées au groupe Nestlé.

Jusqu’au dimanche 18 octobre 2026, exposition Errance urbaine à l’atelier Legault, tél. 02 41 92 35 19, place de la République à Pouancé, commune déléguée d’Ombrée-d’Anjou en Maine-et-Loire ; ouvert jeudi et vendredi de 14 h à 18 h, et samedi de 15 h à 18 h 30, ainsi que dimanche 18 octobre, aux mêmes heures, pour la clôture ; entrée libre.