C’est l’un des projets scientifiques les plus ambitieux de notre époque : la construction du plus grand radiotélescope du monde. Nommé SKAO pour Square Kilometre Array Observatory, le projet est l’objet des conférences des Swiss SKA Days de lundi à mercredi à la Haute École d’ingénierie de Neuchâtel. Une centaine de scientifiques des quatre coins du globe participe et vient suivre l’avancée des recherches. Si ledit radiotélescope est la star de l’événement, c’est parce qu’il pourrait permettre d’explorer les confins de l’Univers, jusqu’à sa naissance. « Nous n’avons aucun autre moyen que la radioastronomie pour observer comment l’Univers, les étoiles et les galaxies se sont formés », explique Jean-Paul Kneib, délégué scientifique suisse du projet SKAO.
Depuis près de 20 ans, plus d’une dizaine de pays participent à l’élaboration du projet scientifique. Aujourd’hui, le dispositif est réparti physiquement sur deux sites : en Afrique du Sud, avec un réseau de 197 paraboles, ainsi qu’en Australie, où 100’000 antennes sont réparties sur 512 stations. Une fois entièrement opérationnel, l’instrument pourrait capter les signaux les plus faibles et les plus lointains de l’Univers. « Cela va nous permettre de découvrir des choses encore jamais observées », se réjouit le professeur d’astrophysique à l’EPFL. Les signes d’une présence extraterrestre pourraient même se retrouver dans l’objectif du radiotélescope. « La détection de signes d’intelligence est possible, mais c’est difficile, car ces signaux-là sont extrêmement faibles », souligne Jean-Paul Kneib.
Une vitrine pour la HE-ARC
Si l’envergure de cette aventure scientifique est mondiale, la HE-ARC apporte elle aussi sa pierre à l’édifice. Il faut dire que l’un des défis majeurs du projet SKAO réside dans la collecte et l’analyse du volume colossal de données récoltées par le radiotélescope. « On parle de 700 pétabits, soit plus que tout ce qui circule actuellement sur Internet », relève Jean-Paul Kneib. Impliquée depuis deux ans dans le projet, l’institution neuchâteloise apporte son expertise dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la science des données. « Aujourd’hui, les véritables données n’ont pas encore été collectées par le radiotélescope, notre but est de créer des simulations pour voir si nous serons prêts en temps voulu », explique Hatem Ghorbel, responsable du groupe d’analyse de données de la HE-ARC. À travers la HES-SO, la Haute École Arc Ingénierie participe donc activement à plusieurs axes stratégiques du projet. De quoi inspirer et motiver ses étudiants. « Ce sont des défis qu’un jeune ingénieur a beaucoup de plaisir à affronter », glisse Hatem Ghorbel.
Pour l’instant, les simulations menées par l’équipe du professeur Hatem Ghorbel sont positives. Pour l’heure, il s’agit également d’assurer la bonne coordination entre les 13 pays participants au projet. La collecte des données via le radiotélescope SKAO débutera en fin d’année. Les conférences ne sont pas accessibles au public. /comm-ave