Peu à peu, la saison estivale concarnoise de Michel Costiou s’achève. Le 20 septembre, en guise de clap de fin, il proposera un atelier de modèle vivant. Puis, de retour à la vie parisienne, sonnera l’heure des interrogations quant à l’avenir de sa vie d’artiste professionnel : Je suis à la recherche d’un atelier à Paris, après que celui que j’occupais depuis trente ans avec Juliette, mon épouse, a été vendu.
Dans l’urgence, cette année, il a fallu déplacer l’équivalent de 75 000 dessins vers un lieu prêté par un client. D’autres œuvres majeures, des tableaux de plus de deux mètres de long, ont également été transférées à Concarneau.
Une baisse de fréquentation de 50 % de sa galerie
Michel Costiou n’a pas manqué un seul moment de la vie culturelle concarnoise : la fête de la moisson au Moros, la Bretonnade à Lanriec, le passage du cirque à Douric… Autant d’occasions de croquer des témoignages du temps présent.
Cet été, il a par ailleurs constaté une baisse de fréquentation de sa galerie du quai Carnot, de l’ordre de 50 %. La canicule, les barrières en bois implantées entre la piste cyclable et la voie de circulation sont des obstacles psychologiques qui font que les gens ne traversent pas la route, sans compter les parkings saturés. D’autre part, le public, c’est évident, quand il vient à Concarneau, prend la direction de la Ville close, observe-t-il. En août, franchement, j’espérais une meilleure fréquentation. À présent, je mise sur septembre avec impatience. Et puis il y a aussi les leviers économiques, qui font que les gens regardent à deux fois avant d’acheter , concède l’artiste.
Fort de son expérience de terrain, Michel Costiou dresse un bilan plus large de la culture à Concarneau. C’est une ville compliquée. Il y a une demande des touristes pour la culture populaire, décorative, mais dès que l’on entreprend une démarche plus particulière, il faut aller chercher le public. Durant la saison estivale 2025, j’avais organisé des conférences dans la galerie, mais le résultat a été une faible participation , souligne-t-il.
Sensibiliser le public
Il reconnaît et apprécie toutefois le foisonnement associatif culturel de Concarneau. Le fait qu’un artiste professionnel ouvre son atelier, c’est avant tout pour établir une altérité, un échange, un partage avec le public, pour le sensibiliser à l’art contemporain. Au-delà de ce tableau, c’est également la place de la culture à Concarneau qui m’intéresse , avance-t-il.
Galerie située au 28, quai Carnot. Tél. : 02 98 50 34 72.