C’est une première en Suisse. Près de 1500 experts et expertes du monde entier se retrouvent dans le canton de Neuchâtel pour présenter leurs dernières recherches sur l’histoire des instruments scientifiques, techniques et industriels. L’occasion pour la Suisse de redécouvrir son riche patrimoine.
« Il y a des collections d’instruments assez fabuleuses et complètement méconnues », souligne dans La Matinale de la RTS l’historien Julien Gressot, organisateur de ce symposium de la Scientific Instrument Commission (SIC).
EPFL, CERN ou encore Arc jurassien, berceau de l’horlogerie… Il faut dire que le patrimoine scientifique suisse est immense. Cette semaine de conférences doit donc aussi permettre d’obtenir une première vision globale de l’ampleur de ce patrimoine, qu’il s’agit de préserver.
« A Zurich par exemple, le service de sismologie fédérale a des sismographes – instruments qui permettent d’enregistrer les tremblements de terre – absolument magnifiques, mais qui sont malheureusement dans un état de conservation très lacunaire et qui ne permettent pas de garantir leur conservation sur le long terme », décrit Julien Gressot.
La Suisse « un peu ignorée »
La question des centres de production de savoirs et de connaissances fait partie des thèmes évoqués cette semaine. Car si la Suisse est au cœur de l’Europe, elle n’a pas tellement eu voix au chapitre.
« Pendant longtemps, l’histoire des sciences a été dominée par les Anglais et les Français », explique Julien Gressot. On retient donc les noms de scientifiques de ces nationalités-là. « Mais ce ne sont pas les seuls », précise l’historien, insistant sur la Suisse: « On a de grands fabricants d’instruments assez peu connus, des institutions qui ont joué un rôle international important. La Suisse a donc une vraie place, même si elle est parfois un peu ignorée ».
Parmi les trésors exposés, le public peut notamment découvrir des instruments sortis des réserves de l’Observatoire cantonal de Neuchâtel, dans l’exposition « Des étoiles aux atomes », à voir jusqu’au 3 janvier 2027.
Deborah Sohlbank/lia