Le Cercle Asclépios-santé pour tous publie une contribution dédiée à la santé mentale. Cette publication formule 9 propositions pour promouvoir une approche globale des parcours, articulant prévention, repérage, soins, accompagnement, recherche, innovation et inclusion.
Le Cercle Asclépios-santé pour tous est un think tank spécialisé dans la santé, dont l’objet est d’élaborer une plateforme santé d’ici fin 2026, en associant l’ensemble des acteurs publics et privés de la santé. Il publie régulièrement des propositions « ambitieuses, soutenables et réalistes, et préparer une plateforme santé pour les échéances électorales de 2027 », la dernière est intitulée La santé mentale : un défi sociétal majeur face à des besoins multiples et croissants
Au-delà des neuf propositions détaillée dans cette note, Cercle Asclépios-santé pour tous défend une conviction : répondre durablement aux enjeux de santé mentale suppose de mieux articuler les politiques de prévention, de soins, d’accompagnement, de recherche, d’innovation et d’inclusion afin de placer les besoins des personnes au cœur des réponses apportées.
Les évolutions engagées ces dernières années ont permis de faire progresser la prise en compte de ces enjeux. Cette publication propose de poursuivre cette dynamique en formulant des pistes d’action concrètes destinées à nourrir le débat public.
Les 9 propositions
Développer une politique de prévention primaire ambitieuse et intersectorielle en santé mentale
-Agir sur les déterminants de la santé mentale dès le plus jeune âge en prévenant les violences envers les jeunes enfants via une approche transversale mobilisant l’ensemble des politiques publiques — sociales, éducatives, judiciaires, sanitaires, parentalité,
-Former les jeunes et les personnels éducatifs aux compétences psychosociales
-Promouvoir l’activité physique
-Lutter contre les troubles du sommeil
-Réduire l’usage des écrans
-Lutter contre l’isolement social
Agir contre la stigmatisation et informer sur les recours possibles
-Déployer des campagnes d’information et de sensibilisation ciblées, visant à améliorer la littératie en santé mentale de la population
– Continuer à déployer les Premiers secours en santé mentale (PSSM)
– Systématiser des cartographies territoriales accessibles permettant d’identifier les structures existantes, leurs modalités d’accès et leur périmètre
Investir sur l’avenir en renforçant la prise en charge des plus jeunes
-Affirmer une politique d’attractivité ambitieuse et de revalorisation de la pédopsychiatrie
-Développer des programmes de sensibilisation au repérage des acteurs des premières lignes au contact des jeunes
-Généraliser les programmes de détection et d’intervention précoce pour l’âge de transition (12-25 ans)
– Développer des programmes de recherche pluridisciplinaires et de cohortes dédiés à la compréhension des déterminants de santé mentale, aux leviers de prévention, à la compréhension des processus liés à l’adolescence cérébrale.
Outiller la médecine générale, en première ligne pour les troubles de santé mentale
– Développer massivement le modèle des soins collaboratifs entre médecin généraliste, infirmier spécialisé et psychiatre référent
– Développer l’accès à un avis spécialisé psychiatrique, sous forme de télé-expertise, de lignes directes d’appel à un psychiatre, voire de consultations
Développer la gradation et les coopérations entre les acteurs de la psychiatrie, les autres spécialités et les acteurs de l’insertion
-Intégrer des équipes de soins collaboratifs en soins primaires fortement articulées au secteur, voire émanant du secteur (sous la forme de détachement de temps infirmier et/ou de psychiatres) ;
-Renforcer les équipes mobiles de secteur intervenant au sein des maisons de santé ou des centres de santé afin de permettre des prises en charge de crise et/ou faciliter les adressages ;
-Renforcer l’accès à la télé-expertise et/ou à des avis psychiatriques directs ou indirects (avis téléphonique, consultation d’avis, etc.) ;
-Mettre en place des dispositifs de soins somatiques co-portés par le secteur et par les acteurs de soins primaires
– Réorganiser la prise en charge de l’urgence psychiatrique, en privilégiant la prévention, et le recours à des consultations non programmées, et en adaptant les ressources des services d’urgences
– Structurer la profession de psychologue en créant une filière de psychologues cliniciens et en créant un référentiel national de formation.
Structurer un niveau de recours et d’expertise reposant sur des centres de références
-Poursuivre le maillage territorial en centres de recours et mener un travail de fond sur l’intégration et l’articulation de ces ressources au parcours de soins des patients et à la pratique des secteurs.
Favoriser les pratiques orientées vers le rétablissement des personnes concernées et le respect de leurs droits
– Transformer les pratiques dans une démarche de respect des droits fondamentaux en poursuivant l’objectif fixé par les pouvoirs publics de suppression de la pratique de la contention à horizon 2030
-Poursuivre, notamment via les projets territoriaux de santé mentale, le déploiement de centres ou de plateformes de soins de réhabilitation psychosociale
Faciliter les innovations numériques fiables et de qualité et développer leurs usages
-Favoriser le développement du numérique en santé mentale dans un cadre rigoureux de. validation scientifique, d’évaluation continue et de régulation publique
– Soutenir la recherche sur les dimensions éthiques, sociologiques et cliniques du numérique en santé mentale.
Poursuivre le développement de la recherche dans l’ensemble de ses dimensions
– Soutenir la recherche en santé mentale et en psychiatrie afin d’éclairer les décisions par des approches visant la qualité et les résultats.