L’idée d’une ordonnance culturelle n’a plus rien de théorique. Depuis un an, les Yvelines expérimentent un dispositif permettant à des soignants d’offrir à leurs patients une visite gratuite au musée, sur un modèle déjà adopté au Canada. Une publication récente vient donner du poids à cette approche en s’intéressant non plus au bien-être ressenti, mais aux marqueurs biologiques du vieillissement.
Ce que mesure l’étude
Les travaux, menés par des scientifiques de l’University College de Londres et parus le 11 mai 2026 dans la revue Innovation in Aging, portent sur les données de santé de plus de 3 500 adultes au Royaume-Uni.
Les chercheurs ont croisé ces données avec la fréquence de participation à des activités artistiques ou culturelles. Le périmètre retenu est large : visite d’un musée ou d’une bibliothèque, exposition, bricolage, chant, peinture.

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Pour estimer l’âge biologique des participants, l’équipe s’est appuyée sur des horloges épigénétiques. Ces tests biochimiques mesurent l’accumulation de groupes méthyles sur l’ADN, un marqueur qui évolue avec l’âge et permet de comparer l’âge biologique à l’âge réel.
Un an de plus et 4 % de moins
Les personnes pratiquant au moins une de ces activités chaque semaine présentaient des signes de vieillissement moins marqués que celles ayant une vie culturelle plus réduite.
Selon l’horloge PhenoAge, leur âge biologique apparaissait en moyenne inférieur d’un an. L’horloge DunedinPACE, qui évalue le rythme du vieillissement plutôt que son niveau atteint, indique un ralentissement de 4 % pour une pratique hebdomadaire.
Feifei Bu, épidémiologiste à l’University College de Londres et coautrice, présente ces résultats comme la première démonstration d’un lien entre pratique artistique ou culturelle et ralentissement du vieillissement biologique.

Ces activités artistiques devraient être reconnues comme un comportement aussi bénéfique pour la santé que l’exercice physique, selon certains scientifiques. © AndreyPopov, iStock
Un effet comparable à celui du sport
Les mécanismes avancés rejoignent ceux documentés pour l’activité physique. Les pratiques artistiques sont associées à une réduction du stress et de l’inflammation, ainsi qu’à une diminution du risque de maladies cardiovasculaires.
Daisy Fancourt, épidémiologiste qui étudie les effets de l’art sur la santé au sein de la même université depuis près de dix ans, estime que ces activités devraient être reconnues comme un comportement bénéfique pour la santé, au même titre que l’exercice.

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Cette piste s’inscrit dans un mouvement plus large. Dès 2019, un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé concluait à des effets positifs de l’art sur la santé mentale et physique, conclusions depuis étayées par plusieurs travaux.
Une réserve s’impose toutefois. Il s’agit d’une étude d’observation, qui établit une association statistique et non une relation de cause à effet. Les personnes engagées dans une vie culturelle régulière se distinguent souvent par d’autres caractéristiques, sociales, économiques ou sanitaires, susceptibles d’influer sur les mêmes marqueurs.
Ces résultats ne remplacent pas un suivi médical. Toute question relative à la santé, au vieillissement ou à l’adaptation de son mode de vie relève d’un professionnel de santé.