A cause de la guerre en Iran, le prix du fioul domestique est au plus haut. En conséquence, les propriétaires reportent leurs achats de mazout. Le secteur de l’énergie s’inquiète de nouvelles hausses des prix ainsi que du risque de forte augmentation des commandes à l’approche de l’hiver.
Les cuves à mazout des chauffages domestiques sont plutôt vides, car les propriétaires attendent une baisse des prix qui ne s’est pas encore produite. Bien au contraire, le prix du fioul, ces derniers jours et après une brève accalmie en juin, revient à ses plus hauts niveaux depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Mardi, alors que le Brent atteignait désormais les 100 dollars le baril, le prix du fioul, en fonction de la quantité commandée, s’établissait autour de 1 franc et 60 centimes le litre. A la mi-juin, un litre ne coûtait que 1 franc et 10 centimes (en deux mois, la hausse a atteint 45%).
Vue du dépôt de carburant de Mellingen, le vendredi 17 avril 2026. [KEYSTONE – CLAUDIO THOMA]
L’attaque américaine contre l’Iran et, surtout, le blocus du détroit d’Ormuz ont eu un impact considérable sur l’activité des distributeurs de fioul domestique.
« Le marché est pratiquement à l’arrêt depuis six mois et, malgré l’arrivée de la saison froide, il reste stagnant », explique à RSI Paolo Righetti, le président de la branche tessinoise de Swissoil et directeur de volenergy Ticino SA.
Attendre ou ne pas attendre?
Ce n’est pourtant qu’une question de temps. « Nous savons que les clients seront bientôt contraints de faire leurs provisions pour l’hiver, poursuit Paolo Righetti. Et ce, malheureusement, quel que soit le prix. »
Cette forte hausse potentielle de la demande pose également des problèmes aux acteurs du secteur: « Une véritable tempête logistique se profile, difficile à gérer. Les clients devront faire preuve de patience ou commander le carburant nécessaire à l’avance. En effet, cette attente entraînera une augmentation des commandes simultanées, ce qui allongera les délais de livraison des fournisseurs locaux. »
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« Nous savons tous que les prix du fioul vont chuter, personne n’en doute, dès que la situation géopolitique au Moyen-Orient sera de nouveau sous contrôle. Mais la question demeure: quand? », s’interroge le président de Swissoil Ticino.
La situation est véritablement complexe, d’autant plus qu’attendre n’est pas forcément judicieux: « Le prix actuel pourrait encore augmenter », prévient-il. « Tout dépend en réalité de la situation géopolitique internationale qui, malheureusement, malgré les assurances des principaux acteurs mondiaux quant à une solution, ne montre aucun signe d’apaisement. »
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Par ailleurs, selon un communiqué de l’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) publié mardi, l’arrêt de production à la raffinerie de Cressier (Neuchâtel) suite à un incident technique a aggravé les difficultés d’approvisionnement en produits pétroliers en Suisse, déjà compromises par la réduction du transport maritime due au faible niveau du Rhin.
Roland Pfister, délégué de l’OFAE, a autorisé des prélèvements sur les stocks obligatoires. Du 8 au 20 septembre, les prélèvements sont autorisés à hauteur de 30’000 mètres cubes de diesel et 30’000 mètres cubes d’essence (soit moins de 3% des stocks obligatoires). « Pour l’instant, l’approvisionnement en fioul domestique et en kérosène ne pose pas de problème », précise le communiqué.
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« Le recours aux réserves permet également de contenir les prix, car sans cela, la Suisse, privée de ressources pétrolières, serait entièrement dépendante du marché international », observe Paolo Righetti.
L’expert souligne le caractère exceptionnel de la situation. « Nous n’avons jamais connu une telle instabilité. Entre début et fin août, le prix du diesel a augmenté de 100 dollars la tonne. Mais entre-temps, il y a eu des jours où les prix ont fluctué, à la hausse comme à la baisse, de 40 à 50 dollars, voire plus, au moindre événement », conclut-il.
Sujet original: Stefano Pianca (RSI)
Adaptation française: Julien Furrer (RTS)