La violence à l’égard des femmes est très répandue, de plus en plus numérique et négligée par les institutions censées la combattre et la prévenir, selon une enquête publiée mardi par l’Agence des droits fondamentaux (FRA) et l’Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes (EIGE).
Un tiers des femmes (30,7%) a été victime de violences physiques (y compris des menaces) et/ou sexuelles au cours de sa vie, depuis l’âge de 15 ans, indique l’enquête publiée mardi. Les enfants sont aussi concernées: 32,9% des filles ont subi des violences physiques ou psychologiques de la part de leurs parents.
Quelque 17,2% des femmes ont subi des violences sexuelles, indique l’étude. Les femmes sont presque deux fois plus susceptibles d’être violées par coercition ou incapacité à refuser que par la force physique manifeste, souligne l’Agence des droits fondamentaux dans son communiqué.
Maltraitées par leur partenaire
Quelque 9,8% des femmes ont été blessées physiquement par leur partenaire et 29,9% ont subi des violences psychologiques de la part de leur conjoint, relate l’étude. Parmi celles-ci figurent l’humiliation, la jalousie, l’intimidation ou les comportements de contrôle. Pour 12,7% d’entre elles, cela se produit fréquemment.
Lorsque des questions supplémentaires ont été posées, 20,3% des femmes ont déclaré avoir subi des violences économiques de la part de leur partenaire, telles que l’interdiction de travailler et l’absence de contrôle sur les finances familiales.
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La numérisation intensifie les violences, souligne aussi l’étude: 8,5% des femmes ont été victimes de cyberharcèlement et 7% des femmes actives ont été victimes de harcèlement sexuel en ligne. Par ailleurs, 10,2% ont vu leurs déplacements surveillés ou suivis par leur partenaire intime.
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Toutes les victimes ne déposent pas plainte
L’étude indique que seules 6,1% des victimes d’un partenaire et 11,3% de celles agressées par un non-partenaire saisissent la police. Honte, peur, auto culpabilisation et défiance envers les autorités expliquent en grande partie ce silence.
« Quand les abus sont normalisés ou ignorés, cela reflète des défaillances systémiques. Les États ont l’obligation de prévenir, protéger et garantir l’accès à la justice », a souligné la directrice de la FRA, Sirpa Rautio.
Entre 18 et 74 ans
L’enquête a été menée conjointement par Eurostat, la FRA et l’EIGE, sur la base de plus de 114’000 entretiens de femmes entre 18 et 74 ans, réalisés entre septembre 2020 et mars 2024.
Ce rapport est le second sur les violences faites aux femmes, après une étude publiée en 2014. Depuis la première enquête, l’UE a ratifié la Convention d’Istanbul, mais cinq États membres, la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Lituanie et la Slovaquie, ne l’ont pas fait.
La Convention d’Istanbul, entrée en vigueur en 2014, est un instrument juridique consacré à la lutte contre les violences faites aux femmes.
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Julie Liardet avec ats