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Directeur de Bpifrance, Nicolas Dufourcq est un dirigeant à la croisée du monde des affaires et de la haute administration. A la fin de l’an dernier, il a publié La Dette sociale de la France, 1974-2024, où il dresse l’historique des protections sociales en France et le poids particulier des retraites. L’originalité de l’ouvrage est de sonder l’opacité d’un financement public où les allègements de cotisations sociales ou le coût réel de la retraite des fonctionnaires sont des éléments qui n’apparaissent nulle part dans les comptes.

L’empilement depuis trente ans des exemptions de cotisations sociales pour les employeurs – jusqu’à la valeur de trois salaires minimums – représente aujourd’hui 85 milliards d’euros par an (un peu plus de 80 milliards de francs), que l’Etat paie à la place des entreprises pour favoriser l’emploi. Le chiffre n’apparaît pas dans les comptes, mais il peut être calculé. En revanche, il est impossible de s’accorder sur le déficit du régime de retraite des fonctionnaires, vu qu’il n’y a pas de taux de cotisation fixé dans la loi. Si on appliquait à l’Etat le taux du privé, ce serait un peu plus de 80 milliards d’euros par an. L’ancien premier ministre François Bayrou l’estimait plutôt à 55 milliards, tandis qu’il y a deux ans, le rapporteur du budget parlait de 15 milliards. Quant à la Cour des comptes, elle estime que ce n’est pas un thème.