Jusqu’en 2029, durant la rénovation de ses espaces d’exposition, le Centre d’art contemporain Genève s’installe au rez du Mont-Blanc Centre, à deux pas de la gare et du mythique cinéma Plaza, dans un nouvel espace appelé L’Arcade. Une petite boutique pour de grandes ambitions artistiques.
Si le Centre d’art contemporain Genève rayonne en Suisse comme à l’international à travers divers projets, il troque temporairement ses 2500 mètres carrés d’exposition et son esthétique industrielle pour L’Arcade, un espace beaucoup plus petit, mais parfait pour être ce que l’on appelle un incubateur de projets. « Notre bâtiment historique est en rénovation jusqu’en 2029. Nous avons donc décidé d’ouvrir un nouvel espace, parce qu’il est très important pour nous de garder notre public et d’organiser des événements », indique dans l’émission Vertigo du 24 février Andrea Bellini, directeur du Centre d’art contemporain.
La configuration du lieu est singulière: une boutique dont la vitrine est ouverte sur la ville et au regard des passants et passantes de jour comme de nuit, invitation à concevoir des expositions autrement et à imaginer des formats inédits. L’Arcade se veut un véritable laboratoire urbain, un lieu d’expérimentation, de rencontre et de dialogue. Chaque semaine, ce nouvel espace d’exposition accueille des performances, des projections et des expositions pensées pour ce petit endroit.
Des expositions adaptées
L’idée d’Andrea Bellini n’était pas de faire en plus petit les expositions qui prenaient place au Centre d’art contemporain Genève, mais d’envisager les choses autrement. « [Le philosophe] Walter Benjamin disait qu’il était intéressant de voir comment un concept universel peut être contenu dans un tout petit grain de riz. On veut faire cela: des expositions avec des petits objets qui contiennent l’univers entier », souligne-t-il.
Actuellement, L’Arcade offre une plongée dans l’univers de la professeure d’histoire de l’art Giovanna Zapperi qui propose jusqu’au 6 mars un programme « anti-nymphes » composé de projections, de rencontres et de performances. Cette thématique s’intéresse aux relectures féministes des mythes gréco-romains dans l’art contemporain, proposant des formes multiples d’actualisation de l’ancienne figure de la nymphe. En avril, c’est un cabinet de curiosités qui prendra place à L’Arcade avec de tout petits objets bizarres, parfois triviaux, appartenant à une collection montrée en exclusivité dans ce nouvel endroit.
Propos recueillis par Florence Grivel
Adaptation web: ld
Programme Anti-nymphes, projection en boucle, « Le Nemesiache » de Raffaela Naldi Rossano, Jumana Emil Abboud, Katia Kameli, L’Arcade, Genève, jusqu’au 5 mars 2026.