Il y a ce moment où Fiamma Camesi tente de faire des confitures. La table se met à bouger et la préparation fruitée tombe à côté. Ou cette autre scène où la même comédienne mime avec deux branches de noisetier le corps grippé qui, sur un matelas bas, peine à se coucher. Cette séquence encore où Christophe Jaquet montre ses plaies au coude, au dos, aux fesses. «Ça, c’est mes règles. Ça, c’est la soirée de ski. Ça, c’est Fabrice.» Sans oublier l’intense Shannon Granger, qui, au micro, constate: «J’ai du courage. Ils m’ont ouverte ici – elle montre son crâne – pour y glisser un implant. Un progrès pour eux. Une présence pour moi.»

A La Grange, à l’Unil, Le Corps de Claudine ne ment pas. Il raconte par petites touches le parkinson dont souffre depuis trente ans la mère de Fabrice Gorgerat. Mais le spectacle n’est pas plaintif. Il est doux, exploratoire. Et même jubilatoire, quand, vers la fin, il se transforme en célébration pour que les fleurs par milliers recouvrent les câbles qui accablent l’aînée.