ette ascension n’est pas passée inaperçue aux États-Unis, où le Longs Peak (Colorado), sommet recherché en été pour ses lignes de rocher pur, est soigneusement laissé à sa solitude l’hiver venu, vu son éloignement et son altitude (4345 mètres). Depuis plusieurs années, Jesse Huey, Matt Segal et Quentin Roberts avaient l’idée d’une ascension hivernale du Diamond, le joyau de la paroi, coté 5.11+ (6c+/7a) sur coinceurs. Le trio ne voulait pas d’une ascension en escalade artificielle, mais en dry tooling. Soit piolets en main et …chaussons aux pieds. L’hiver 2025 a vu leur réussite, et très vite, des questions.

Leur ascension a suscité une énorme polémique aux USA : qu’est-ce qu’une ascension hivernale ? En piolets et chaussons d’escalade sur du rocher ? La cotation donnée par la cordée de Jesse Huey, D7, a confirmé que l’ascension n’était pas du mixte (coté M), mais du dry pur, un sacrilège dans une voie dédiée à l’escalade libre… avec les mains.

D’autres grimpeurs américains ont même évoqué l’idée que certains allaient s’y rendre en été piolets en main. L’usure du rocher, la cotation, l’éthique… Les lignes se croisent, les frontières s’affinent et cela nous rappelle cette question que l’on s’était posée : Peut-on faire du mixte dans les voies d’escalade estivales ? Spoiler : oui, mais pas n’importe où.