De nombreux touristes étrangers ont dû affronter ces dernières semaines des files d’attente interminables pour passer la frontière à l’aéroport de Genève. Un nouveau système de contrôle des entrées dans l’espace Schengen met sous pression les douanes et l’aéroport.

Des voyageurs étrangers venus profiter de l’hiver en Suisse, notamment de nombreux Britanniques, ont parfois dû attendre jusqu’à deux heures et demie pour entrer en Suisse. Des vidéos montrant des passagers entassés ont à plusieurs reprises été diffusées sur les réseaux sociaux.

Si l’afflux de voyageurs est habituel durant cette période, ces délais d’attente sont exceptionnels. Les critiques fusent, pointant du doigt un nouveau dispositif européen d’enregistrement biométrique, baptisé le système d’entrée/de sortie (EES).

« C’est horrible, le contrôle des passeports est un véritable désastre. Une attente d’environ 40 minutes ou une heure. C’est fou », a relevé un passager samedi dans le 19h30. « Tout s’est bien passé, nous n’avons pas eu de retard », a toutefois confié un autre.

Les critiques fusent sur les réseaux sociaux. Les critiques fusent sur les réseaux sociaux. De nouvelles formalités pour les passagers hors Schengen

Du côté de Genève-Aéroport, on concède que ces problèmes ne sont pas négligeables: « Malgré les efforts déployés, des temps de congestion consécutifs à ce nouveau processus de contrôle aux frontières surviennent lors des pics d’affluence, notamment les samedis et dimanches de la période de grand trafic liée aux séjours de ski. Nous regrettons cette obligation de contrôle renforcé qui s’impose à Genève-Aéroport. »

Les douanes ont ainsi dû faire appel à des renforts. Le nombre d’agents de l’aéroport genevois en salle d’arrivée a été doublé, afin de gérer les flux et de transmettre les informations aux passagers. Par ailleurs, les attentes prolongées au niveau de la frontière créent des problèmes dans la gestion des bagages, les valises attendant parfois longuement leurs propriétaires. Une équipe spéciale a été mise en place.

Depuis le mois d’octobre, ce nouveau dispositif numérique est progressivement déployé en Europe. Lors de leur première entrée dans l’espace Schengen, les ressortissants d’Etats tiers doivent fournir des données, empreintes digitales et photo comprises. Pour les passagers suisses et européens, les formalités ne changent pas.

« La machine va lui expliquer de la manière la plus simple les différentes étapes d’enregistrement pour que cela se fasse de la manière la plus intuitive possible », décrit le chef d’unité aux douanes genevoises. Le processus peut aussi se faire aux guichets classiques, mais le temps de passage est de toute manière allongé.

Un problème qui pourrait s’aggraver

Le nouvel enregistrement n’est cependant pas la seule cause des congestions, selon l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières, qui évoque aussi les limites des infrastructures.

L’aéroport de Genève est sous pression, au même titre que ses homologues européens. Pour le moment, seuls 35% des voyageurs concernés doivent passer le nouveau contrôle, puisque le système EES est encore en phase d’introduction. Mais selon le calendrier établi, à partir du 9 avril prochain, il n’y aura plus de tampons sur les passeports des ressortissants hors Schengen: tout sera enregistré numériquement.

Guillaume Martinez/boi