D’où vient cette passion pour la protection de l’environnement ?

Quand j’étais petite, je me demandais pourquoi les adultes permettaient de rejeter des contaminants dans l’environnement. J’ai donc décidé d’étudier en protection de l’environnement au Cégep de Saint-Félicien et de poursuivre mes études en sciences environnementales à l’Université d’Ottawa.

Je veux rendre la science utile. Je suis une passionnée et, en plus de transmettre la science, je veux partager des valeurs qui sont importantes, comme le bien commun, l’empathie, le travail d’équipe, l’écoute et le respect.

Comme professeure, mon objectif est de former des étudiantes et des étudiants qui iront plus loin que moi. Le savoir-être est aussi important que le savoir, car les relations humaines sont au cœur des grands changements.

Vous êtes titulaire d’une écotoxicogénomique et perturbations endocriniennes. Pouvez-vous expliquer ces concepts simplement?

Avec mon équipe, on étuminants et de la pollution sur la santé des écosystèmes. C’est complexe parce qu’il existe une multitude de contaminants et des milliers d’espèces touchées. Les effets peuvent être très variés : modification des comportements, perturbation hormonale, atteinte des protéines ou même de l’ADN.

Notre travail consiste à comprendre les mécanismes par lesquels les produits chimiques causent des dommages aux organismes vivants. C’est une approche qui permet de mieux prédire les impacts à long terme et d’améliorer les décisions en matière de protection de l’environnement.

Nanoplastiques, PFAS et pesticides font partie des contaminants étudiés.

Quels types de contaminants étudiez-vous?

Nous travaillons sur des contaminants très actuels, comme les nanoplastiques, les PFAS et les pesticides. Par exemple, nous étudions l’impact des nanoplastiques sur les huîtres ou celui des PFAS sur les fous de Bassan, à l’île Bonaventure. Nous nous intéressons aussi aux déversements pétroliers, notamment au bitume dilué, qui se transforme en composés encore plus toxiques une fois libérés dans l’environnement.

Un autre aspect important de nos recherches concerne l’effet additif des contaminants. Même si chaque substance respecte les normes, leur combinaison peut avoir des impacts majeurs sur les écosystèmes.

L’ADN environnemental a transformé vos méthodes de recherche. Comment?

L’ADN environnemental est une technologie révolutionnaire. En analysant une simple goutte d’eau, un échantillon de sol ou d’air, on peut identifier les espèces présentes dans un milieu. Cela nous donne une vision beaucoup plus fine des écosystèmes et de l’impact des contaminants.

En collaboration avec une communauté crie, nous avons étudié un milieu avant et après l’implantation d’un projet minier. Nous avons constaté que certaines espèces, comme la truite, sont extrêmement sensibles à la baisse de l’oxygène dissous. Autour d’une mine d’or, la qualité de l’eau diminue et la truite disparaît.

Valérie Langlois étudie les effets des contaminants sur les écosystèmes.

Vous avez aussi lancé une collection de livres jeunesse, Prof planète et sa brigade. Pourquoi?

Si j’ai des connaissances, je me donne la responsabilité de les partager. La science doit être accessible et sortir du milieu universitaire. Je refuse l’image de la chercheuse isolée dans sa tour d’ivoire. Parler aux enfants de 6 à 10 ans est l’un des moyens les plus puissants pour avoir un impact durable. Ils sont curieux, engagés et très sensibles aux enjeux comme le plastique ou l’ADN environnemental. Honnêtement, ça me fait énormément de bien.