A l’image d’autres économistes, les experts du Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’EPFZ relèvent à leur tour leur prévision de croissance de l’économie suisse cette année. Après avoir tablé en juin dernier sur une expansion du PIB hors événements sportifs de 0,8%, ils anticipent désormais un bond de 1,9%.
Au premier semestre 2026, l’économie suisse, tout comme celle de l’ensemble du monde, s’est montrée nettement plus résistante que prévu face à la pression exercée par la politique douanière américaine et la hausse des prix de l’énergie, expliquent mercredi les chercheurs de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
Les experts mettent notamment en exergue la vigoureuse progression des exportations de biens helvétiques au 2e trimestre, portée par les envois de produits pharmaceutiques.
Résistante face aux incertitudes géopolitiques et à la hausse des prix de l’énergie, l’économie mondiale a soutenu le commerce extérieur helvétique. L’évolution s’est révélée particulièrement plus dynamique que prévu dans la zone euro. Les perspectives de croissance de l’Allemagne ont été nettement révisées à la hausse.
Un second semestre plus contrasté
Après les fortes fluctuations des trimestres précédents, les envois de marchandises swiss made devraient aussi se normaliser progressivement. L’amélioration des perspectives sur d’importants marchés européens et la stabilisation dans certains secteurs de l’industrie axés sur l’exportation apportent un soutien. L’industrie des machines et de l’électronique paraît notamment un peu plus solide, tandis que l’industrie pharmaceutique continue de croître. Les effets négatifs des droits de douane américains et la faiblesse de la demande sur certains marchés d’exportation persistent toutefois.
La consommation privée ainsi que les investissements dans la construction et les équipements ont également soutenu la conjoncture. Si le premier semestre a représenté la rampe de lancement de la croissance de l’ensemble de l’année, le KOF prévoit une pause durant le troisième trimestre, avant une reprise modérée au cours des trois derniers mois de 2026.
Les investissements se redressent
Le KOF brosse aussi un tableau nettement plus favorable qu’auparavant pour les investissements dans la construction et dans les biens d’équipement, révisant ces derniers en forte hausse. Les premiers ont poursuivi leur redressement au premier semestre et les perspectives demeurent favorables. Les seconds ont eux affiché plus de modération en première partie d’année, mais certains indicateurs avancés, tels que les carnets de commandes et le taux d’utilisation des capacités dans l’industrie, se sont récemment améliorés.
Dans l’ensemble, les investissements en capital fixe devraient ainsi progresser de 1,3% en 2026 et de 2,7% en 2027.
La consommation privée a aussi apporté son soutien, reprenant au 2e trimestre après un début d’année poussif. Le climat de consommation s’est amélioré, les ventes du commerce de détail se sont redressées et des signes d’apaisement apparaissent également dans l’hôtellerie-restauration.
ats/miro