Pas toujours facile de se faire respecter face à des stars hollywoodiennes… Sami Bouajila, né à La Tronche, dans l’agglomération de Grenoble, l’a peut-être appris à ses dépens au moment du tournage du film américain Couvre-feu.

Sorti en 1998 dans les salles françaises, ce thriller narre l’enquête d’un agent du FBI sur une série d’attentats aux États-Unis perpétrés par des terroristes palestiniens. Au casting, une belle brochette de stars puisque l’Isérois partageait l’affiche avec Denzel Washington, Annette Bening et Bruce Willis.

Invité dans l’émission En aparté pour promouvoir Un prophète, la nouvelle série événement de Canal + adaptée du film culte du même nom de Jacques Audiard, Sami Bouajila a accepté de se livrer sur quelques anecdotes personnelles. On apprendra, entre autres, que le gratin dauphinois de sa maman était « une tuerie », qu’il ne pratique plus trop les sports d’hiver « parce que j’ai toujours peur de me faire mal », et qu’il a fait grandir ses enfants dans le massif de Belledonne, « dans un village extraordinaire qui me manque fort, d’ailleurs, et qui s’appelle Saint-Martin-d’Uriage », en Isère.

« Quand je lisais ça, j’avais envie de casser le truc »

Vient ensuite le moment d’évoquer sa carrière, son rapport avec le réalisateur Abdellatif Kechiche… et donc Couvre-feu. L’acteur, qui campe un agent double pour au final basculer dans le camp des terroristes, a alors expliqué pourquoi il avait décidé d’improviser sur la scène finale : « Déjà aux essais, je lisais les scènes et je disais oh là là… Je trouvais que ça manquait d’ampleur, de profondeur », racontait-il en pointant notamment du doigt les préjugés « inconscients » sur les personnages arabes.

« Quand je lisais ça, j’avais envie de casser le truc. » Il a donc décidé de ne pas suivre le texte lors d’une réunion, en présence du réalisateur Edward Zwick et de son assistant « pour mettre un autre enjeu, pour justifier pourquoi ce gars [le personnage qu’il interprète, NDLR] en arrive à cet extrême-là, et ce que ça lui coûte. Donc je me mets à improviser parce que je n’ai plus de mots en anglais, j’avais un vocabulaire assez faible, donc j’improvisais en français. » Au final, l’initiative a plu au réalisateur, qui a décidé d’intégrer quelques improvisations de Sami Bouajila dans le film. 

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« Les deux premiers mois, [Denzel Washington] n’a jamais cité mon prénom »

Et Denzel Washington, dans tout ça ? « Il n’était pas simple », a confessé l’Isérois. « Ça a duré quatre mois, et les deux premiers mois, il n’a jamais cité mon prénom, jamais ! » Et c’est lors du tournage de la scène finale que ce manque de considération sera finalement réparé. Dans cette scène, le personnage de l’Isérois prend en otage Annette Bening avant d’être abattu par Denzel Washington. Mais Sami Bouajila n’était pas vraiment convaincu par la crédibilité de la situation et l’a fait savoir. « Je ne tenais plus, ça faisait un moment que j’essayais de défendre mon bifteck et là je dis : “Faut vraiment m’expliquer comment il fait le gars [le personnage de Denzel Washington, ndlr] parce que je peux le faire péter de là où je suis, je n’ai plus rien à perdre, j’attends que ça. Je tiens la nana qu’il veut sauver, j’ai un gun sur elle et j’ai le détonateur, donc comment il fait, le monsieur ? Je lui donne ma tête, il tire de là-bas et il m’a en plus ?” »

Alors que le réalisateur tentait de se justifier – notamment parce qu’il y avait du dépassement sur le tournage -, il a été aussitôt interrompu par la star américaine. « C’est la première fois qu’il cite mon prénom : “Sami is right” [Sami a raison, en français] », a donc dit Denzel Washington avant d’organiser une réunion avec l’équipe du film, dans sa caravane. « Le « réal » était vert ! », racontait l’Isérois en riant, en expliquant ensuite qu’ils avaient réussi à trouver une astuce pour faire en sorte que son personnage soit dans la ligne de mire de celui de Denzel Washington.