Alors que les scientifiques parviennent de mieux en mieux à recréer les odeurs du passé, celles-ci agrémentent désormais certaines expositions. Un site internet est même dédié au patrimoine olfactif britannique.

Des notes de miel et une pointe d’épices terreuses: ce parfum, créé à base d’ingrédients identifiés dans des résidus de baumes de momification, avait été diffusé pour l’exposition « Senteurs de l’au-delà », en Grande-Bretagne.

Un nouveau projet reconstitue celles de l’Empire romain pour une exposition à Londres, dès la fin du mois.

Le public pourra ainsi humer la bibliothèque de la cathédrale Saint-Paul ou encore l’intérieur de la Rover d’Elisabeth II, grâce à une analyse chimique de l’air du véhicule.

Une démarche scientifique

Ce n’est pas la première fois que les musées jouent avec le nez de leurs visiteurs et visiteuses. Il y a déjà eu l’odeur du logement des Rolling Stones, celle du quotidien des Vikings ou encore l’haleine du T-Rex. Mais tout cela relevait de l’approximation. Le but recherché était de créer une certaine ambiance.

Aujourd’hui, une véritable archéologie olfactive est à l’œuvre, avec une démarche scientifique mêlant chimie et histoire. En explorant un sens longtemps ignoré, la recherche pourrait aussi permettre de mieux capter et éclairer le passé tel qu’il était vécu par nos ancêtres.

Et la démarche devient participative: la population britannique est invitée à suggérer les senteurs qu’il faudrait recréer pour les archiver.

Sur le site smelluk.org, une personne suggère cette recette pour l’iconique cabine téléphonique rouge: parfum de cigarette, bakélite, vieil annuaire en papier et une note d’urine…

>> A réécouter dans CQFD : Des chercheurs créent une encyclopédie des odeurs du passé / Tout un monde / 7 min. / le 4 août 2021

Alexandra Richard/ami