Les poubelles des Vaudois et des Vaudoises contiennent trop de biodéchets et de plastiques. Selon une étude, 19,5% du poids annuel des ordures ménagères pourrait être valorisé, au lieu d’être incinéré. Pour y remédier, le Conseil d’Etat entend renforcer le tri et le recyclage.

L’Etat de Vaud a pour la première fois mené une analyse détaillée de la composition des ordures du canton. L’étude a été menée fin 2024 auprès de 23 communes, des villes comme des villages et des zones intermédiaires. En tout, plus de 2300 sacs ont été ouverts et triés manuellement, détaille jeudi le canton dans un communiqué.

L’analyse révèle que les biodéchets, à savoir les déchets alimentaires et de jardin, représentent près d’un tiers des ordures collectées (28,8% du poids total d’un sac). Avec les matières plastiques (19,5%), le papier (13,3%) et les objets composites comme les chaussures ou les stylos (11,7), ces quatre groupes de déchets constituent près de trois quarts (73%) du poids des sacs.

A l’inverse, les piles et batteries (0,1%) comme les appareils électroniques et sources lumineuses (0,4%) sont rares dans les sacs. Avec les déchets spéciaux (médicaments ou produits chimiques, 0,5%), ils font partie des groupes de déchets les moins observés, ce qui montre que les campagnes de sensibilisation en faveur du tri sont efficaces et doivent être poursuivies-

Un gaspillage alimentaire

Une analyse plus fine révèle que les matériaux les plus jetés sont les emballages plastiques (16,3%), les déchets de cuisine non comestibles (15,2%) et les déchets alimentaires comestibles (12,1%), qui regroupent les produits périmés non consommés, les restes de repas ou les fruits et légumes entiers. Suivent les papiers non recyclables comme les mouchoirs (9,8%) et les langes (6,4%).

Sur la base de la production annuelle de déchets, l’étude montre que chaque Vaudoise et chaque Vaudois jette en moyenne 35,7 kilos de biodéchets alimentaires, dont 15,8 kilos sont encore comestibles ce qui constitue du gaspillage alimentaire. A cela s’ajoutent 21,2 kilos d’emballages plastiques par année.

Un gros potentiel d’amélioration

Selon l’étude, il existe un potentiel de valorisation inexploité de 25,5 kilos de matière par personne et par an. Cela représente 19,5% du poids annuel d’ordures ménagères. Le potentiel d’amélioration concerne en priorité les biodéchets, les plastiques et les cartons.

Quelles sont les pistes d’amélioration? Concernant les biodéchets, bien que des infrastructures de traitement existent et fonctionnent, de nouvelles mesures et un travail de sensibilisation sont nécessaires pour réduire le gaspillage alimentaire et faciliter le tri et la collecte séparée, souligne le communiqué.

L’analyse met en lumière la nécessité de développer la filière de recyclage pour les emballages plastiques, qui se limitait souvent jusqu’ici aux boissons en PET et aux flaconnages. Une filière de collecte est d’ailleurs en train de se structurer. Il s’agira aussi de décourager l’utilisation de plastiques à usage unique.

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ats/boi