Et si Zurich suivait l’exemple de Bâle et se transformait en demi-canton? Si elle a peu de chances d’aboutir, l’idée circule depuis quelques jours sous le hashtag #Zexit, un clin d’œil au Brexit, avec pour origine une pétition anonyme réclamant une séparation institutionnelle entre la ville et le reste du canton.
Quand plus rien ne va dans un couple, on évoque la séparation. A Zurich, certains y pensent désormais très sérieusement, après une énième dispute: la votation du 30 novembre. Les villes de Zurich et Winterthur ont refusé le durcissement des règles
Limitation à 30 km/h en ville: résistance cantonale et fédérale / 19h30 / 2 min. / le 2 décembre 2025 , tandis que les communes rurales l’ont approuvé.
Même division pour les subventions aux primes maladie: large soutien urbain, scepticisme rural. Deux territoires, deux sensibilités politiques: une ville plutôt à gauche, un canton plus conservateur. La pétition parle sans détour de « divergences irréconciliables ». Elle demande donc à l’exécutif d’étudier sérieusement l’impact d’une scission.
Un auteur anonyme
Mais alors, qui orchestre ce #Zexit? L’auteur de la pétition préfère garder l’anonymat. Contacté, il insiste: « Il ne s’agit pas d’une personne, mais d’un débat. » Il demande aux autorités d’examiner sérieusement l’impact d’une scission entre la ville et le canton.
En consultant le site de la pétition, il est impossible de connaître le nombre exact de signatures: « plusieurs centaines », affirme l’initiateur. L’objectif est de parvenir à 6000 soutiens. Aucun parti politique ne s’est pour l’instant rallié au texte.
Les chances que Zurich devienne un demi-canton sont toutefois infimes. Le chemin institutionnel serait titanesque. Il faudrait l’accord de la population cantonale, celui du Conseil fédéral, celui du Parlement fédéral et même de la majorité des cantons.
D’autres tentatives
Ce n’est pas la première fois qu’on évoque un demi-canton Zurich-ville. Dans les années 1990, la municipale socialiste Ursula Koch défendait déjà l’idée d’un Zurich-ville indépendant, en réaction à des contraintes cantonales en matière de construction.
En 2014, deux élues remettaient la question sur la table. A chaque fois: beaucoup de débats… mais aucun vote populaire. Et lorsqu’une analyse de l’exécutif avait été menée, le verdict était sans appel: les désavantages l’emportaient largement.
Une scission nécessiterait de renforcer l’administration et d’assumer de nouvelles charges comme pour la justice et les universités. Cela pourrait affaiblir la ville fiscalement. Sans mentionner qu’un demi-canton Zurich-Ville n’aurait qu’un seul siège au Conseil des Etats.
Au-delà de Zurich
Le phénomène n’est pas isolé. En Valais, l’idée d’une séparation entre Haut et Bas-Valais revient périodiquement. En 2021, plus de la moitié des Haut-Valaisans se disaient prêts à faire sécession. Finalement, lors des discussions liées à la nouvelle Constitution, la proposition a été abandonnée.
Le dernier véritable « divorce cantonal » remonte à 1833, entre Bâle-Ville et Bâle-Campagne. Et même là, malgré une tentative de réunification en 2014, les électeurs ont refusé de recoller les morceaux.
Valentin Jordil