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Corinna Bille aux Montreurs d’images

Le Théâtre des Montreurs d’images consacre une soirée immersive à l’écrivaine valaisanne Corinna Bille.

Maryelle Budry Publié aujourd’hui à 08h34 LinkedIn Lien copié Error occurred Facebook Lien copié Error occurred X Lien copié Error occurred E-mail Lien copié Error occurred Copier le lien Lien copié Error occurred L’écrivaine Corinna Bille souriante, en noir et blanc, avec des vignes et un village alpin en arrière-plan.

L’écrivain Corinna Bille, épouse de l’auteur valaisan Maurice Chappaz.

VQH/Jean-Paul Maeder

Dans une toute petite rue de la Jonction, dédiée à Michel Simon, j’avais repéré une arcade aux rideaux tirés, qui me semblait peu fréquentée aux heures où je passais mais dont le nom m’évoquait maints souvenirs de jeunesse: Théâtre les Montreurs d’images. j’y ai enfin pénétré et j’ai rencontré la metteuse en scène et danseuse Monique Décosterd, que j’avais connue en 1975 dans le jardin d’une vieille maison, vouée à la démolition et, en attendant, occupée par des artistes, «l’îlot des doux dingues», comme l’appelaient mes amis…

Quelle émotion de se reconnaître au premier coup d’œil et d’immédiatement évoquer maints souvenirs! Mais quelle émotion aussi de découvrir dans ce lieu, qui de l’extérieur ne paye pas de mine, une grande salle d’accueil, avec une table dressée pour le repas partagé, et au deuxième sous-sol, un vaste lieu théâtral. La part réservée au public n’est pas immense, 30 places, le principal espace est dédié au jeu et à la danse.

Monique Décosterd

Monique Décosterd, qui fut entre autres élève de Serge Golovine et danseuse au Grand Théâtre, puis adepte de la danse contemporaine et des marionnettes géantes, donne toujours des cours de danse, classique, contemporaine, théâtrale, indienne.

En cet automne, elle nous convie à une soirée immersive consacrée à l’écrivaine valaisanne Corinna Bille. Elle a souvent monté des adaptations de cette auteure dans sa vie, mais l’actuel spectacle, composé de deux pièces, «La petite danseuse et la marionnette» et «Théoda», sera présenté sous une forme renouvelée, car elle songe à ses adieux à la scène, en cédant la partition à deux jeunes comédiennes Anezka Hessova et Jennifer Skolovski, originaires de République tchèque et du canton du Valais. Ce canton d’origine de Monique Décosterd, qui lui a inspiré à la fois crainte et envie. Sa rencontre avec l’œuvre profondément poétique de Corinna Bille a marqué sa vie et sa carrière. Et maintenant, elle se réjouit de servir, lors du repas convivial qui suivra le spectacle, le vin de la nièce du mari de Corinna Bille, Marie-Thérèse Chappaz! Vigne cultivée à Fully, où est née Monique! Quelles belles affinités! Avant même d’assister au spectacle évoquant les grandes figures féminines habitant l’écrivaine, le public est plongé concrètement dans son œuvre. Les murs de la salle d’accueil sont tapissés de ses mots. «Ses mots, c’est du velours. Plus je les entends, plus j’éprouve du plaisir et de l’émotion.»

Nous souhaitons aux lecteurs et lectrices de «Signé Genève» de courir aux trois dernières représentations, les 9, 10 à 19 h et le dimanche 11 octobre à 17 h.

Dans un prochain article, je vous raconterai le fabuleux parcours artistique de Monique Décosterd, une des premières femmes metteuses en scène, cofondatrice du Festival du Bois de la Bâtie, collaboratrice du Bread and Puppet en Californie, proche du Living Theater à New York, en tournée avec son chapiteau en Inde et dans les pays de l’Est, encore sous l’emprise de l’URSS, 50 ans d’une carrière à la fois nomade et profondément ancrée à Genève.

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