Selon le professeur Denis Malvy, infectiologue au CHU de…
Selon le professeur Denis Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux, spécialiste des virus émergents, « il y a de nombreux cas en ce moment, notre système de surveillance est déployé, mais il faut constater que ce virus est particulièrement agressant et expansionniste. »

Le professeur Denis Malvy, infectiologue, responsable de l’unité des maladies tropicales et du voyageur au CHU de Bordeaux.
Thierry David/SO
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Dengue, Zika, fièvre du Nil occidental… ces virus appartiennent au genre Orthflavivirus, une catégorie de virus qui se transmettent à l’Homme et aux animaux par la piqûre de moustiques infectés. Ces trois virus infectent chaque année quelque 500 millions de personnes. Pour l’heure, aucun traitement efficace ne permet de lutter contre l’ensemble de ces maladies. Quant aux mécanismes qui permettent aux virus de s’installer dans la peau, ils restent encore méconnus. « Comprendre comment la salive du moustique influence l’infection de la peau est essentiel pour mieux comprendre la transmission et identifier de nouvelles cibles de prévention », pose Julien Pompon, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD), dans un communiqué diffusé le 31 août.
Système de surveillance
Le médecin bordelais affirme bien connaître ce virus et rappelle l’épidémie de 2023 qui a suivi de près les incendies de l’été 2022. « Des conditions environnementales extrêmes peuvent révéler l’existence d’une circulation virale active parmi les oiseaux, affirme-t-il. On a constaté la coïncidence entre l’incendie majeur survenu en 2022 sur le littoral de la Gironde et l’émergence d’une épidémie causée par un nouveau virus West Nile, qui s’est révélé très expansif, et a généré une flambée épidémique locale virulente en Aquitaine en 2023, avant d’être détecté en Andalousie en 2024, puis à Paris, en Île-de-France et dans le Nord en 2025. »
En Nouvelle-Aquitaine, dans le cadre du programme One Health mis en place par la Région, sur la base de l’expérience du professeur Malvy et de son enquête de terrain, a été mise en place une réponse proactive, en anticipation, avec la mise en œuvre d’un système de surveillance réunissant vétérinaires, médecins, virologues, écologues, ornithologues, épidémiologistes et modélisateurs, ainsi que des membres de la société civile. « Cela nous a permis d’identifier en amont des zones à haut risque », remarque le médecin.

Le dépistage génomique des dons du sang est effectué à la Maison du don de Bordeaux, pour éviter tout risque de transmission du West Nile
Thierry David/SO
« L’année prochaine sera à haut risque face au virus du Nil Occidental »Une dizaine de cas en réanimation à Bordeaux
Le dispositif original de la Région Nouvelle-Aquitaine a été complété par des mesures de contrôle radicales face à une potentielle transmission interhumaine asymptomatique via du sang, grâce au dépistage génomique viral des dons dans la zone estimée à haut risque de transmission. « Même si a priori, nous n’avons jamais observé de transmission interhumaine, précise le professeur Malvy. Mais un virus peut muter. » Il infecte les chevaux provoquant les mêmes symptômes, souvent des atteintes neurologiques qui provoquent la mort de l’animal.
En France, en ce début d’automne, Santé publique France mentionne les trois décès en Île-de-France, de même qu’une quinzaine de cas de personnes touchées par la forme neuro-invasive, sur les 161 cas autochtones. En 2025, la France enregistrait cinq décès liés au virus West Nile pour un total de 62 autochtones recensés, des chiffres déjà considérés comme exceptionnels.
Cette expansion inquiète les autorités sanitaires. En Nouvelle-Aquitaine, le système de surveillance est déployé, confirme Denis Malvy. « Nous devons être très vigilants, car l’année prochaine sera à haut risque face au virus du Nil Occidental. Dans la plupart des cas, la maladie ne pose pas de difficulté. Seules les personnes âgées ou immunodéprimées sont en danger. Nous avons soigné une petite dizaine de patients en réanimation après une infection West Nile cette année au CHU de Bordeaux. »
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