La robustesse du commerce mondial de marchandises face à la guerre au Moyen-Orient a été plus importante qu’attendu, grâce à celui des biens liés à l’IA. Jeudi à Genève, l’OMC a remonté sa prévision de croissance pour 2026 de 1,9 à 3,9%. Celle sur les services passe toutefois de 4,8 à 3,3%.

La directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Ngozi Okonjo-Iweala salue la «flexibilité» alimentée par le système commercial multilatéral face aux perturbations. Mais «certains ont subi le choc davantage», a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois, le commerce des marchandises a pris 3,5%, davantage que prévu en mars. «Nous avons été surpris par le fait que la guerre au Moyen-Orient ne diminue pas le commerce mondial autant que nous le pensions», a admis l’économiste en chef Robert Staiger.

Celle-ci a malgré tout «eu un impact significatif», a-t-il insisté. Les filières d’approvisionnement ont toutefois pu s’adapter aux problèmes affectant les marchés énergétiques, des engrais et des transports.

Les exportations de pétrole brut depuis le Moyen-Orient ont certes reculé de 24% et celles de gaz naturel liquéfié de 47%. Mais l’augmentation des livraisons d’autres régions a limité la diminution mondiale à 6 et 1%. Côté engrais, certaines importations ont diminué alors que d’autres ont progressé. Plus largement, le nombre de conteneurs a lui aussi été assez robuste.

Explosion du commerce de l’IA

Face à ces reculs, le commerce des biens liés à l’intelligence artificielle (IA), comme les semi-conducteurs et les serveurs, a largement progressé, encore plus rapidement qu’auparavant, alimentant 47% de la croissance du commerce mondial. Il a pris 67% par rapport à la même période en 2025. «Nous avons été surpris» par ce chiffre qui était attendu plutôt inférieur à 30%, a insisté Robert Staiger.

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L’année prochaine, les investissements en termes d’infrastructures liées à l’IA devraient encore s’étoffer de 30% au moins. La directrice générale déplore toutefois que tous les Etats n’aient pas le même accès à ces technologies.

Malgré la récente solidité, «des vulnérabilités subsistent», a affirmé la directrice générale adjointe Johanna Hill. «Mais les membres de l’OMC travaillent pour y répondre», a-t-elle ajouté. Dr Ngozi avait récemment déploré le rythme lent des négociations actuellement dans l’organisation, quelques mois après l’échec de la ministérielle de Yaoundé. L’avancée liée à l’IA «ne devrait pas cacher» les problèmes auxquels les membres «se heurtent» dans la réforme de l’institution, selon Robert Staiger.

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Par région, l’Asie devrait observer la croissance la plus importante des exportations, à 9,9%, devant le nord du continent américain et l’Afrique. Celles-ci vont rester peu élevées en Europe où elles devraient se contracter de 0,1%. Le Moyen-Orient devrait lui être confronté à un recul de près de 18%.

Davantage de croissance prévue en 2027

Côté importations, l’Asie devrait également être première avec une augmentation de 9,5%, devant l’Afrique. La progression devrait être moins élevée dans le nord du continent américain, une «surprise» étant donné les investissements de cette région dans l’IA selon Robert Staiger, et atteindre 0,5% en Europe. Là encore, Le Moyen-Orient fait face aux effets de la guerre, une contraction de 15,4% étant prévue.

Désormais, l’OMC anticipe une croissance de 4,1% du commerce mondial pour 2027. La progression du Produit intérieur brut (PIB) devrait, elle, s’établir à 2,6% cette année et 2,9% l’année prochaine.

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Le conflit au Moyen-Orient a lui eu davantage d’effets sur le commerce des services en raison des perturbations des transports et des voyages internationaux. En termes de valeur, celui-ci a toutefois pris 10% dans la période d’avril à juin sur un an, un chiffre certes en ralentissement par rapport à celui de la période de janvier à mars. Les services numériques et financiers ont continué à progresser. Pour 2027, la prévision de croissance est supérieure à celle de mars, à 6,4%.