Mobilisation de militant de l'association AIDES, à Nantes.

Mobilisation de militant de l’association AIDES, à Nantes.

Crédit : AIDES, Facebook

Il était attendu depuis 2023 par les associations de lutte contre le sida. Le cabotégravir va enfin être commercialisé en France, trois après son autorisation par l’Agence européenne des médicaments. C’est un traitement préventif contre le VIH qui permet aux personnes non infectées d’être protégées lors de relations sexuelles avec quelqu’un de séropositif. Contrairement à la Prep déjà disponible, cette fois, il n’y a pas besoin d’une prise quotidienne de médicament. 

 

Une avancée majeure dans la lutte contre le VIH

 

C’est « une avancée majeure dans la lutte contre le VIH », se réjouit AIDES, association française de lutte contre le VIH et les hépatites virales. « Cela change la vie des personnes car ce traitement n’est pas sous forme de comprimés à prendre tous les jours ou en période de rapport sexuel, c’est une injection tous les deux mois, explique Bastien Mercier, accompagnateur santé à l’antenne de Nantes.

En termes de charge mentale, cela enlève un poids aux personnes : elles n’ont plus à réfléchir à une prise de médicaments à un certain moment dans la journée. Cela permet aussi d’éviter que la famille ou l’entourage proche puisse tomber sur une boîte de médicaments. Je pense aussi aux voyages à l’étranger car cela permet d’éviter d’emporter une boîte de médicaments avec soi ».

Bastien Mercier, accompagnateur santé à AIDES NantesBastien Mercier, accompagnateur santé à AIDES Nantes

Crédit : Tom Rossi

« Il pourrait changer la donne », annonçait dès 2020, l’agence spécialisée des Nations Unies, l’ONUSida. La Haute autorité de santé française (HAS) avait validé son intérêt en 2024, mais il a fallu deux ans de négociation sur son prix avec le laboratoire pharmaceutique ViiV Healthcare. L’injection coûte un peu plus de 1000 €, entièrement prise en charge par l’Assurance maladie. 

 

« Maintenant, il faut que les populations se saisissent de ce nouvel outil  »

 

Les scientifiques et militants associatifs comme Alexis, saluent l’intérêt de ce médicament pour réduire le nombre d’infections au VIH : « C’est une avancée de plus dans la lutte contre l’épidémie, un nouvel outil formidable dont l’efficacité a largement été démontrée lors des études scientifiques. Maintenant, il faut que les populations se saisissent de ce nouvel outil pour qu’il puisse y avoir un véritable impact sur l’épidémie ». 

Ce trentenaire, très impliqué dans la prévention des risques auprès des publics à risque, pointe la persistance de « stigmatisation, parfois non conscientisées » à l’encontre des personnes seropositives. « Aujourd’hui, trouver l’amour quand on est séropositif n’est pas évident. Même dans l’accès à différents services ou pour l’emploi, je pense notamment aux corps de métiers de la police et des sapeurs-pompiers, accessibles aux personnes séropositives seulement depuis deux ans« .

Alexis, militant nantais à AIDES Alexis, militant nantais à AIDES

Crédit : Tom Rossi

En revanche, AIDES s’inquiète de la nécessité, pour bénéficier du médicament injectable de « réaliser un test de charge virale du VIH« , qui n’est, lui, « pas pris en charge à 100 % ». Il y aura donc « un reste à charge pour la personne ».