A l’ADC de Genève jusqu’au 7 mars, puis au Théâtre La Grange à Dorigny (VD) du 19 au 21 mars, la danseuse contemporaine Emma Saba revisite dans « Jalousie des tempêtes » sa relation de toujours à l’opéra. Avec amour et humour.
« Jalousie des tempêtes ». Prononcez ce titre à haute voix et c’est tout un tableau qui défile. Biberonnée à l’opéra dès le berceau (maman était pianiste, répétitrice du grand répertoire), la danseuse Emma Saba se replonge avec gourmandise, malice et droit d’inventaire dans le beau chant et l’art lyrique.
Que racontent donc les airs de « La flûte enchantée » et quelles impressions retenir des plus beaux arias de « Don Giovanni » de Mozart? « J’ai tant de choses à te dire. Ou alors une seule, mais grande comme la mer ». Ça, c’est la « Bohème » de Puccini, un de ces opéras à la saveur de Madeleine de Proust. On les connaît tous ne serait-ce que pour les avoir entendus dans une pub de chocolat ou de pâtes.
>> A écouter, une chronique consacrée au spectacle « Jalousie des tempêtes » dans Musique matin : « Jalousie des tempêtes »: déplacer lʹopéra / L’actu musique / 8 min. / mardi à 08:45 Une histoire d’amour
Italienne, installée à Genève après voir suivi le cursus de la Manufacture, Emma Saba les danse, les chante et surtout les revisite à sa façon ces opéras célèbres. Senza vergogna. Par exemple en duo avec sa partenaire Jeanne Pâris, capable comme elle de tenir la note dans les positions les plus rocambolesques, tordue sous un tabouret, poursuivie par sa partenaire amoureuse à en devenir animale ou prompte à saisir une basse électrique pour entonner un air mozartien qui a dans sa bouche et la traduction anglophone la saveur pop d’une balade de Lana Del Rey.
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« Jalousie des tempêtes » est une histoire d’amour. Avec ses soleils et ses nuages. Charnelle, mélomane, excessive, exacerbée comme peuvent l’être les passions d’opéra. Queer aussi lorsqu’Emma porte perruque et adopte une grosse et grave voix. Clownesque lorsqu’il s’agit de chanter tout en dansant et en s’habillant la tête plantée dans un sac telle une autruche. Belle à pleurer aussi dans ce final: Emma et Jeanne, main dans la main, yeux dans les yeux, prises dans l’euphorie d’une ronde tourbillonnante et s’échangeant leurs vêtements. « Tu crois que notre histoire va durer? »
Thierry Sartoretti/ld
« Jalousie des tempêtes », Emma Saba et Jeanne Pâris, Pavillon ADC, Genève, du 5 au 7 mars 2026. Grange de Dorigny, Lausanne, du 19 au 21 mars 2026.