En Valais, le bureau d’écoute contre le racisme est fermé depuis bientôt une année, une situation inédite en Suisse. Jusqu’à sa réouverture prévue ce printemps, les témoins et victimes de racisme ne peuvent plus bénéficier de cet accompagnement cantonal.
L’année passée, en Valais, la Croix-Rouge a remis le mandat de gestion de ce bureau d’écoute valaisan. Il n’a pas été remplacé le temps que l’Etat puisse le repourvoir.
Cette situation est critiquée en Valais et jusqu’à Berne. Il s’agit en effet d’un maillon important dans la lutte contre le racisme pour les cantons.
« Inacceptable »
Pour Claudia Alpiger, élue socialiste au Grand Conseil valaisan, c’est « vraiment inacceptable ». « On a vraiment besoin d’un endroit auquel on peut s’adresser quand on a un problème ou une question sur le racisme, en français et en allemand. Je trouve que ça ne suffit pas quand on n’a que le contact de la police », relève-t-elle dans le 12h30.
La Commission fédérale contre le racisme et l’ONG Human Rights se montrent aussi critiques. Une absence si longue, c’est une première et ça se répercute sur les victimes, explique Nora Riss, coordinatrice du réseau national de ces centres ou bureaux d’écoute.
« On sait que certaines personnes se sont adressées à d’autres centres suisses romands ou à la Commission fédérale contre le racisme », dit-elle. « Mais il manque un centre spécialisé local pour faire des accompagnements et des conseils à long terme, spécialement pour les cas complexes. Et il faut aussi constater que tout le travail de sensibilisation a été interrompu durant cette année et qu’on doit recommencer à zéro ce travail. »
Le service de la migration de l’Etat du Valais justifie cette longue absence par mail à la RTS, en expliquant que la situation est indépendante de sa volonté, liée au retrait du mandataire précédent, la Croix-Rouge. Cependant, sa cheffe Sandra Tiano refuse d’approfondir les causes de cette absence. Caritas hérite du nouveau mandat et devrait rouvrir le bureau vers fin mars.
Mathias Délétroz/fgn