Pour sa 24e édition du 6 au 15 mars, le Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) à Genève se penche sur les dérives de l’autoritarisme qui monte dans le monde. Plusieurs premières sont attendues, tout comme l’actrice française Adèle Haenel.

Cette 24e édition a lieu alors que les acteurs culturels sont à la fois de plus en plus des porteurs de résistance, mais aussi les cibles de certains gouvernements. « C’est vrai qu’il y a un sentiment de responsabilité plus présent que d’habitude », avait affirmé devant la presse le 12 février la co-directrice éditoriale Laila Alonso Huarte lors de la présentation du programme.

Davantage que des pressions externes, le festival se demande à l’interne comment associer la multiplication des situations de tension à la programmation et comment « mobiliser le public », dit-elle. Et « ce qui change, c’est le consensus autour des droits humains qui se rétrécit », renchérit la co-directrice éditoriale Laura Longobardi.

Dérives contemporaines et des résistances collectives

Cette année, le festival est « placé sous le signe des dérives contemporaines et des résistances collectives », ajoute Laila Alonso Huarte. Sur les Etats-Unis, le nationalisme chrétien et l’attitude de la police de l’immigration (ICE) seront discutés. Sur l’Europe, en première mondiale, le documentaire « Le cas Meloni » se penchera sur la politique de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni.

Les autres régions ne sont pas oubliées. La répression en Argentine, en Chine ou en Iran sera traitée. Et plusieurs thématiques liées aux effets de l’autoritarisme seront aussi passées au crible, comme les violences policières et le harcèlement de minorités sexuelles.

>> A écouter, l’interview croisée de Laila Alonso Huarte et de Laura Longobardi, les co-directrices du FIFDH, dans le 12h30 : Les droits humains à l’honneur à Geneve pour la 24e édition du FIFDH: interview de Laila Alonso Huarte et de Laura Longo / L’invité du 12h30 / 7 min. / lundi à 12:52 Genève internationale aussi discutée

Face aux changements observés dans l’ordre international, le rôle de la Genève internationale, affectée par les coupes américaines et d’autres pays, sera discuté avec une projection de la co-production suisse « Solidarity ». La rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens, Francesca Albanese, est aussi annoncée, alors que plusieurs pays demandent sa démission.

Le festival veut également porter une résistance. Les travaux de cinéastes gazaouis seront montrés et l’écrivaine canado-palestinienne Yara El-Ghadban sera de la partie. Inédit pour le festival, « From Gaza with Love », en première internationale, ouvre le FIFDH à un youtubeur, qui a fait ce film avec un photographe.

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L’actrice Adèle Haenel, qui a mis un terme à sa carrière pour dénoncer la complaisance face aux agressions sexuelles, viendra parler de la solidarité comme solution politique engagée.

Parmi les autres questions abordées, l’urgence climatique donnera lieu à la fois à une discussion et à une projection, en première internationale, du film « The System ». La résistance face à l' »emprise » des nouvelles technologies. La réalisatrice française Claire Denis dévoilera quant à elle son dernier film « Le cri des gardes ».

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Plus de 200 personnalités attendues

Au total, une trentaine de films font partie des trois compétitions, des documentaires et des fictions. Plus de 200 personnalités sont attendues, dont une cinquantaine de cinéastes, en majorité des femmes.

Le programme professionnel est reconduit pour la 8e fois. Parmi les films montrés en lien avec des éditions précédentes de ce dispositif, le FIFDH présente en première européenne « Yurlu/Country » qui met en avant la responsabilité des autorités australiennes et des entreprises sur des ravages pour les populations autochtones.

En première internationale, « Molly vs the Machines » raconte le combat d’un père pour faire reconnaître les responsabilités de la plateforme Meta suite au suicide de sa fille. Et « Traces » relaiera la lutte des survivantes de viols contre l’amnistie de soldats russes.

ats/olhor