Baby Volcano, l’avant-gardiste artiste suisso-guatémaltèque, présente au Théâtre Vidy-Lausanne jusqu’au 15 mars « Si me ves ir con todo, es porque a la noche lloro », sa nouvelle création énergique et hybride. Elle se produira ensuite au Pavillon ADC à Genève du 26 au 28 mars avant une tournée européenne.

« Si me ves ir con todo, es porque a la noche lloro (Si tu me vois me donner à fond, c’est parce que la nuit je pleure) » de Baby Volcano est un spectacle hybride qui, entre concerts et performances, danse autour de la notion du refuge. Ce titre résume l’essence de la performance: une exploration des conflits planétaires et intimes, où la vulnérabilité côtoie la rage et la force. Baby Volcano, telle une Pythie moderne, invoque un refuge mû par l’urgence de se rassembler pour résister et vibrer ensemble.

Depuis son entrée fracassante sur la scène underground suisse avec son premier EP, Lorena Stadelmann de son vrai nom n’a cessé de se déployer. Formée en performance et danse contemporaine à Buenos Aires, elle a sorti en avril dernier « SUPERVIVENXIA », son deuxième EP, qui posait déjà les bases de sa réflexion sur le refuge. Après cinquante dates et une tournée intense, l’artiste, puissante et avant-gardiste, a ressenti le besoin d’approfondir cette thématique, donnant naissance à cette « comédie musicale punk », comme elle la décrit elle-même.

Je crois que je me place du côté du vivant. Et c’est cela que j’ai envie de défendre dans mon art et de proposer comme matière artistique.

Baby Volcano

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Trouver des réponses collectivement

Sur scène dans « Si me ves ir con todo, es porque a la noche lloro », on découvre une femme puissante au centre d’un refuge sonore et lumineux, avec la fête autour comme acte de survie. « C’était cette envie d’inviter au refuge. J’avais ce besoin de matérialiser ce refuge fictif sur lequel j’avais travaillé sur mon deuxième EP auparavant. L’espace théâtral, la performance permet cela. Elle permet d’imaginer d’autres manières de mettre en scène, d’autres manières d’inviter collectivement et de vivre des expériences ensemble », indique l’artiste dans le 12h45 du 5 mars.

 lI y a un côté viscéral et urgent chez moi qui m’intéresse de travailler avec mon corps dans son entièreté, de travailler avec la musique qui est un langage tellement universel.

Baby Volcano

Ce spectacle hybride parle de féminisme, de culture, de transmission, de colonisation, des sujets graves, mais aussi des sujets plus intimes. « Je pense qu’on vit une période qui est et qui nous veut confus et confuses. Je ne cherche pas à donner des réponses parce que je ne les ai pas. (…) Par contre, mon travail en tant qu’artiste, ce sont des espaces où l’on va se retrouver collectivement, où je vais essayer de donner tout ce que j’ai, tout ce que je peux envoyer pour que peut-être on trouve des réponses ensemble, ou en tout cas que l’on vive des expériences et que cela nous connecte », détaille Baby Volcano.

L’art comme réponse à la peur

Pour l’artiste, la scène est un lieu de libération et de résonance, un cri de résistance. Baby Volcano en a marre d’avoir peur et sur scène se sent plus forte que dans la vie. « Je pense que l’espace scénique, l’espace théâtral ou l’espace de concert nous permet une certaine distance qui est assez jolie. Le refuge auquel je crois, je n’ai pas envie que ce soit une réponse à la peur. C’est plutôt un refuge qui va chercher de la force dans la musique, dans la danse, dans le fait d’être ensemble, dans la fête. C’est un peu ma manière de répondre à cette peur », souligne l’artiste.

Dans son spectacle comme dans sa musique, Baby Volcano mélange les langues: le français, l’espagnol et l’anglais. « Je pense que les langues sont hyper riches, et la possibilité de pouvoir en utiliser plusieurs m’amène à des émotions différentes, estime-t-elle. [Le français] m’apporte quelque chose de plus poétique, de plus posé, de plus réfléchi. Et l’espagnol m’apporte quelque chose d’un petit peu plus instinctif, d’un petit peu plus impulsif ».

Propos recueillis par Julie Evard

Adaptation web: ld

« Si me ves ir con todo, es porque a la noche lloro (Si tu me vois me donner à fond, c’est parce que la nuit je pleure) » de Baby Volcano, Théâtre Vidy-Lausanne, du 6 au 15 mars 2026; Pavillon ADC, Genève, du 26 au 28 mars 2026; Nuits Sonores, Lyon (F), du 13 au 17 mai 2026.