A Genève, le nombre de mesures d’éloignement administratives des auteurs de violences domestiques prend l’ascenseur. Les mesures prononcées ont été multipliées par quatre en 10 ans, selon la Tribune de Genève. Entre 2024 et 2025 elles ont connu une hausse record de 60%. Les autorités du canton peinent à suivre.

Selon la police, cette hausse n’est pas directement liée à une recrudescence des agressions. Elle résulte plutôt d’une prise en charge politique renforcée du problème, notamment via la convention de politique criminelle commune.

Ce texte exige de mettre l’accent sur la lutte contre les violences et la prise en charge des victimes. Pour y répondre, la police a intensifié l’utilisation des mesures d’éloignement administratives.

Un suivi compliqué

Face à cette hausse, la prise en charge des agresseurs rencontre des difficultés, faute de moyens et d’institutions dédiées en nombre suffisant. La loi impose aux auteurs de violences domestiques de suivre des entretiens socio-thérapeutique. Mais l’unique structure de prise en charge genevoise est saturée.

Un crédit supplémentaire de 20’000 francs lui avait été accordé l’année dernière, mais cette enveloppe ne semble pas suffisante, selon la Tribune de Genève.

Résultat, les entretiens obligatoires prennent du retard. En 2024 déjà, la Cour des comptes pointait du doigt des lacunes dans le suivi des auteurs de violence dans le canton. Seule la moitié d’entre eux seraient suivis. Plus de 200 mesures d’éloignement ont été prononcées à Genève l’année passée.

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Sujet radio: Mathilde Salamin

Adaptation web: Antoine Michel