Lufthansa a remporté la course à la privatisation partielle de TAP Air Portugal. Le groupe allemand, propriétaire entre autres de Swiss, était en concurrence avec Air France-KLM.

Afin d’acquérir 44,9% du capital de la compagnie nationale portugaise, Lufthansa, qui est déjà le premier groupe de transport aérien européen, a fait une offre chiffrée à 1,025 milliard d’euros (960 millions de francs), a indiqué mercredi le Premier ministre portugais Luis Montenegro.

« Après l’examen des propositions, la décision du gouvernement se porte sur le groupe Lufthansa, dont l’offre financière est supérieure de 16% à l’offre concurrente », a déclaré le chef du gouvernement de centre droit à l’issue d’un conseil des ministres.

Le dirigeant portugais a annoncé la décision à l'issue d'un conseil des ministres à Lisbonne. [KEYSTONE - JOSE SENA GOULAO] Le dirigeant portugais a annoncé la décision à l’issue d’un conseil des ministres à Lisbonne. [KEYSTONE – JOSE SENA GOULAO] Toujours en mains de l’Etat

Alors qu’une participation de 5% reste pour l’instant réservée aux salariés, l’État portugais entend conserver au moins 50,1% du capital de TAP afin de préserver l’identité nationale de la compagnie, son siège au Portugal et le rôle stratégique de Lisbonne comme plateforme de correspondances vers le Brésil et l’Afrique.

« L’opération représente une recette de 1,201 milliard d’euros dans cette première phase », qui concerne davantage de capital de TAP, c’est-à-dire 49,9%, a détaillé le Premier ministre.

La privatisation partielle de la compagnie portugaise, qui compte quelque 7700 salariés et une centaine d’avions Airbus, intervient à la suite de sa nationalisation en urgence, en 2020, pour faire face aux conséquences de la pandémie de Covid-19.

En contrepartie d’une aide publique de 3,2 milliards d’euros, le transporteur portugais avait dû mettre en œuvre un plan de restructuration lancé en 2021 sous l’égide de la Commission européenne.

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Retrait d’un poids lourd

Sa privatisation était à l’étude depuis 2023, mais le processus avait été suspendu par la chute du gouvernement portugais de l’époque.

Après avoir manifesté son intérêt, le groupe IAG, maison mère de British Airways et d’Iberia, s’est finalement retiré de la course.

Air France-KLM et Lufthansa ont commencé par déposer des offres contraignantes jugées très proches par les autorités portugaises, qui les ont invités à améliorer leurs propositions.

ats/ami