La shigellose, ou dysenterie bacillaire, contamine 450 000 personnes par an aux Etats-Unis, rapporte Science Alert, qui s’inquiète de l’explosion des cas transmis sexuellement.
Cette maladie infectieuse d’origine bactérienne, caractérisée notamment par des diarrhées, n’est pas nouvelle. Elle se propageait historiquement surtout par de la nourriture ou de l’eau contaminée en voyage, ou chez les jeunes enfants en crèche.
De plus en plus résistant aux antibiotiques
Si des cas de transmission par voie sexuelle sont connus depuis 1974, ils ne représentaient alors qu’une minorité des cas. Aujourd’hui, les observations de scientifiques américains suggèrent que ce mode de transmission est devenu une voie majeure. Il reste cependant difficile à vérifier : patients et médecins n’y pensent pas toujours, et l’historique sexuel n’est pas toujours consigné.
La shigellose est même devenue endémique dans certaines communautés gay, expliquent les scientifiques. Sur près de 17 000 échantillons analysés par les CDC américains entre 2011 et 2023, la part de souches ultrarésistantes (résistantes à cinq antibiotiques courants) est passée de 0% en 2011 à 8,5% en 2023.
Un tiers de patients hospitalisés
Plus d’un tiers des patients touchés par ces souches ultrarésistantes ont dû être hospitalisés. « Cette maladie est passée de relativement traitable avec des médicaments courants à presque impossible à traiter en l’espace d’une décennie environ », affirme Kate Baker, généticienne à l’université de Cambridge, auteure d’une étude publiée dans The Lancet Infectious Diseases sur la situation au Royaume-Uni. Elle souligne que de nombreux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes n’ont pas conscience du risque.
Ce risque existe aussi de ce côté de l’Atlantique. Déjà en 2023, l’Institut Pasteur avait alerté sur l’émergence en France de souches de Shigella sonnei hautement résistantes aux antibiotiques, surtout chez des hommes adultes. Au Royaume-Uni, 86% des souches de Shigella sonnei et 94% des souches de Shigella flexneri testées en 2025 étaient résistantes aux antibiotiques.
Face à ce risque, les autorités sanitaires californiennes recommandent d’éviter les rapports avec une personne ayant eu la diarrhée au cours des deux dernières semaines, d’utiliser des protections lors des rapports oraux et anaux, et de se laver avant et après. En cas de doute, il faut se faire tester et se soigner si nécessaire.