Alors que le peuple suisse est appelé à voter le 8 mars pour inscrire le maintien de l’argent liquide dans la Constitution fédérale, le canton de Genève va déjà plus loin. Il est le premier à contraindre cafés, restaurants et hôtels à accepter les espèces. Un établissement conteste cette loi.

Jusqu’où aller pour préserver la monnaie et les billets? Un recours a été déposé par l’hôtel-bar Ruby Claire contre la nouvelle loi genevoise sur la restauration (LRDBHD) votée par le Grand Conseil, comme l’avait révélé 20 Minutes. Dans ce recours que la RTS a pu se procurer, l’établissement de la rue du Rhône fait valoir que la loi genevoise violerait la liberté économique, garantie par le droit fédéral.

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Le Ruby Claire a ouvert en 2022 en pleine période Covid sur un modèle économique sans cash. Gérer des espèces lui coûterait plus cher et le stockage de la monnaie représenterait un risque pour la sécurité du personnel, qui serait exposé « aux vols et aux agressions », écrivent les avocats de l’hôtel-bar.

La Chambre constitutionnelle n’a pas encore tranché. Mais l’effet suspensif exigé par les avocats n’a pas été accordé, a appris la RTS.

L’hôtel-bar devrait donc appliquer la loi entrée en vigueur fin novembre. Pourtant, il n’est toujours pas possible de payer son cocktail en espèces dans l’établissement, qui affiche encore son panneau « Plastic Fantastic. Ruby Claire is cashless now ».

Risque d’amende

Contacté, le gérant du Ruby Claire se refuse à tout commentaire. Selon le Département de l’économie, de l’emploi et de l’énergie, le Ruby Claire serait le seul établissement à ne pas appliquer la nouvelle réglementation. Il risque une amende administrative d’au moins 300 francs, indique le département.

D’autres établissements qui refusaient le cash sont revenus en arrière, comme le Café Tartine (ancien Pain quotidien) à Plainpalais. Interrogé par la RTS, un habitué s’en réjouit: « Je préfère payer en espèce, car je contrôle mieux mon budget. Et n’oublions pas les taxes occultes perçues sur les paiements par cartes. » Une autre cliente estime de son côté que les cartes sont plus pratiques, soulignant que « ce serait trop compliqué d’avoir toujours sur soi le cash nécessaire pour la journée ».

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Jean-Marc Heuberger/lia