La cyberattaque visant un prestataire informatique de la caisse de retraite fédérale Publica a permis au groupe de hackers Akira de mettre la main sur les données personnelles de pratiquement tous les employés de la Confédération.
Le Conseil fédéral et les autorités chargées de la sécurité estiment que les données de plus de 100’000 collaborateurs, anciens et actuels, de la Confédération et d’entreprises proches ont été dérobées.
Les pirates ont mis la main sur ces informations à la fin septembre chez PK Softech AG – fournisseur de Publica – et ils exigent une rançon. En cas de non-paiement, ils menacent de publier ou de vendre les données. Il s’agirait du collectif Akira, auquel le groupe d’armement Ruag avait payé une rançon cet été (lire encadré).
>> Lire à ce sujet : Fuites de données après un piratage chez un prestataire de Publica
« C’est là qu’on voit qu’une entreprise à taille humaine qui fait du software peut avoir un impact au niveau national lorsqu’elle a un incident de cybersécurité », observe dans le 19h30 Steven Meyer, CEO de ZENDATA et expert en cybersécurité.
Juges, anciens conseillers fédéraux et agents secrets
Les données de milliers d’employés de l’administration, de magistrats, dont des juges fédéraux, et même d’anciens conseillers fédéraux sont concernées. Des agents secrets et des soldats d’élite pourraient être identifiés.
Noms, dates de naissance, numéros AVS, adresses professionnelles et privées, numéros de téléphone, adresses électroniques, informations salariales, voire des coordonnées bancaires ont été dérobés.
« Les personnes et les données effectivement concernées font toujours l’objet d’investigations approfondies. À l’heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure de confirmer l’ampleur de la fuite de données telle qu’elle est présentée dans les médias », indique de son côté Publica à la RTS.
Risque élevé pour la Confédération
Ce vol de données représente un risque élevé pour la Confédération, indiquait le SonntagsBlick, citant une note de la ministre des Finances Karin Keller-Sutter présentée mercredi au Conseil fédéral. L’Etat s’attend à des dommages considérables et à des répercussions à long terme, selon le journal. Mais le Département fédéral de la défense n’a pas souhaité s’exprimer.
Par principe, l’Office fédéral de la cybersécurité déconseille de payer une rançon. Quant à l’enquête, elle se poursuit.
Publica est une des plus grandes caisses de pensions de Suisse. Elle assure notamment le personnel de l’administration fédérale et du domaine des EPF. Fin 2025, elle comptait quelque 70’000 assurés actifs et 41’600 bénéficiaires de rentes, pour un total du bilan de près de 45 milliards de francs.
cab et asch avec ats